Cette chanson a un pouvoir sur moi… elle m’enivre…
ou
~> Cenwen <~
(si jamais le lecteur est en panne
)
Cette chanson a un pouvoir sur moi… elle m’enivre…
ou
~> Cenwen <~
(si jamais le lecteur est en panne
)
Cette animation me fait délirer ^^… tout d’abord parce que j’aime bien le style de l’auteur, les dessins et tout… et puis j’adore les chats… facétieux, non ?
Encore un film que j’irai voir… en espérant qu’il passe dans le cinéma de ma contrée lointaine !… et surtout, que les réalisateurs ont su en faire un BON film… Comme Peter Jackson pour le Seigneur des Anneaux, Robert Zemmeckis a ici une énorme responsabilité… en bien ou en mal… Beowulf est tout de même une oeuvre hors du temps et de l’espace, comme l’Odyssée… espérons que cela soit une vraie bonne surprise !
–> le site du film <–
(synopsis, trailer, vidéos, photos…)
P.S. : rien à voir… merci, vous êtes déjà très nombreux (étonnament) à avoir visité les premiers bouts de ma galerie deviantART en construction ! merchi !!!
Après Flora et le Gerblé, voici…
ma troisième drogue !
[spécialement pour Eric
]
TES 4
La cinématique de début :
Et un délire vraiment con ^^ : la chanson de la Garde Impérial
… comme dirait Eric, “je NEED” !!
Voilà un texte qui, en plus de compléter les bribes d’histoires déjà présentes ici, dépeint mes pensées des derniers temps, avec la venue de l’automne… mélancolie et fantastique se mêlent en cette saison brumeuse…
***
C’était l’été. Ou du moins, les derniers échos de cette belle saison faite de fruits et de soleil. La saison de « Laer » vivait peut-être ses derniers jours, mais la Soleil inondait encore généreusement les landes. Il était encore temps de se raconter des histoires au coin du feu, la nuit tombée, ou de fumer une pipe, couché dans l’herbe, observant le rougeoiement de la Soleil en guettant le crépuscule. Fanórdil aimait cette fin de saison, ces jours fugaces où l’on erre entre deux époques, ces derniers remous de douceur avant la fin de l’été. L’été. Laer. Cette saison homonyme aux mélodies des troubadours. Laer : été, chanson… quelle différence ?
*
********
Errer au creux des bois isolés, voilà ce à quoi aspirait Fanórdil, à peine évadé des longues heures d’étude. Bien sûr, les paroles d’Idhren le passionnaient, elles le faisait voyager à travers les contrées d’antan et lui dévoilaient sans cesse de nouveaux horizons. Il en savait plus désormais qu’il n’en aurait jamais pu apprendre, mais cela ne satisfaisait pas son appétit. Car il avait soif d’autre chose… Le vent battant son visage, l’humus emplissant l’air de son parfum, les étoiles et les deux Lunes mêlées dans le ciel nocturne, veillant sur son sommeil après une longue marche.
Le jeune homme ne tenait plus en place. Dévalant les marches de la Citadelle, il rejoignit les Écuries. Un hennissement. Nansúrë avait reconnu son maître. Fanórdil entre et se retrouve face-à-face avec le compagnon de toutes ses errances. « Voici “Vent des Plaines“. Je vous le confie », avait dit la Reine au moment de lui offrir le cheval « Je lis dans ses yeux la même flamme que dans votre cœur. Ainsi vous guidera-t-il maintes fois, fils du Crépuscule. » Nansúrë vint respirer la main du jeune Exilé. Une lueur brille dans ses yeux noirs. Il est impatient, il s’agite, il ne tient plus en place. Comme son maître, il y a trop de jours qu’il n’a pas sillonné les landes herbeuses et les sentiers escarpés. Maintenant était venu le temps d’une dernière chevauchée à travers bois… avant l’automne.
Fanórdil saute en selle, et pendant des heures il s’élance parmi les étendues sylvestres entre la Cité et les Montagnes de Brume. Le parfum de l’herbe et des dernières fleurs le fait presque défaillir. La berge de l’étang où il aime à se reposer est couverte de pétales de Ninglor, l’Or d’Eau. Au loin chante un coucou, comme dans la mémoire du passé.
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Quarante et trois jours s’écoulèrent.
C’était l’automne. Le Second Automne, comme le nommaient ses nouveaux frères en ce nouveau monde. Ce n’était plus la saison encore douce des cueillettes tardives, celle que les Elfes appelaient « Iavas », la « Fruitaison »… Non, maintenant la Soleil déclinait et laissait place à la froideur et au brouillard enveloppant. L’année était irrémédiablement entrée dans « Lasbelin », la « Flétrissure des Feuilles »… les feuilles perdraient leur vie, leur couleur, le ciel se voilerait, les oiseaux prendraient la route du Sud… et lui, il resterait. Pas si étonnant, au fond, qu’il aie choisi la Cité du Crépuscule, la splendide et mélancolique Andórêl comme nouvelle demeure.
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Chaque jour pour s’évader encore et encore de ses sombres pensées, Fanórdil partait explorer les tréfonds de sa nouvelle contrée. Il finit par revenir à son étang, où il espérait trouver le repos. Mais l’eau était devenue trouble, et sur la rive boueuse ne subsistaient plus que quelques roseaux d’une griseur affligeante. Pourchassé par ses chimères, il reprit sa route. Il voulait aller toujours plus vite, toujours plus loin. Loin, loin des troubles qui l’affectaient.
*
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Fanórdil avait pris l’habitude de mettre en selle Nansúrë dès les premières lueurs de l’aube, ce que les habitants appelaient « Minuial », la première aube. Il s’en allait de sa métairie, fuir furtivement. Furtivement, mais sans déjouer l’attention de son écuyer Ohtar, qui à force avait appris à prévoir les fantaisies de Fanórdil. Ainsi, bienveillant tout en étant affecté de l’état de son maître, il se mit à préparer chaque matin les affaires de son maître et ami.
Celui-ci, sitôt parti, se laissait bercer par le galop de Nansúrë qui dévalait les pentes de la Colline de la Cité, à travers l’aube et les futaies embrumées. Le cheval le menait à travers les étendues de la Plaine Miroitante où scintillaient les ruisseaux sous les premiers rayons du jour. Puis Fanórdil, guidé par l’instinct de son compagnon, franchissait les limites interdites et l’orée de bois inconnus, où, sur son passage, se levaient des nuées d’oiseaux gris. Chaque soir il rentrait, mélancolique, mais cependant un peu apaisé. Du moins jusqu’à ce que les cauchemars apportés par la nuit l’accablent de leurs tourments.
Mais une pâle après-midi, comme saisi d’une fièvre étrange, il s’enfonça plus loin encore dans la forêt, gagnant une région de bocages qu’il ne se souvenait pas d’avoir jamais traversée. Le jour semblait ne jamais s’y être levé, il y faisait aussi sombre et humide que dans une grotte. Du sol émanait une odeur d’humus mêlée à celle, plus doucereuse, de champignons jaunâtres, couleur de pus, que Fanórdil savait mortels. Nul souffle de vent, nul chant d’oiseau. En ce lieu, la forêt était comme pétrifiée.
Le jeune homme ralentit le pas de son cheval, qui, inquiet, s’était mis à trembler et à agiter sa crinière couleur de bronze. Il lui flatta l’encolure et lui murmura à l’oreille des paroles apaisantes, des mots de sérénité que lui avaient appris Idhren. Ses cours n’étaient donc pas dénués de sens. Mais, étrangement, il n’osait élever la voix dans cette cathédrale de troncs et de branches grisâtres, où parfois tombait avec lenteur une feuille fripée et jaunie, égarée d’un automne jamais achevé, d’un printemps jamais commencé. Peu à peu il sentit la peur le gagner, l’effroi le submerger en cet endroit où la vie n’avait pas sa place. Çà et là gisaient de grands rocs noirâtres qu’il lui fallait contourner, et de vieilles souches envahies de moisissure, d’où montait cette odeur âcre et oppressante. Une épaisse mousse étouffait le bruit des sabots, mais ce n’était pas la tendre verdeur couvrant les abords des cascades ; plutôt un tapis noirâtre et imprégné de la même fade humidité qui baignait l’air de ces bois.
C’est donc dans le silence le plus total que Fanórdil avançait désormais. Un silence pesant, comme dans un rêve dont il devinait qu’aisément il aurait pu se transformer en cauchemar.
Un moment, il songea à rebrousser chemin, mais il était prisonnier d’un charme auquel il ne pouvait ni ne voulait résister. C’était comme un appel muet, une fascination, qu’il avait déjà ressentie dans ses courses à travers bois, mais jamais avec une telle force, ni avec cette appréhension insidieuse. Il continua donc d’avancer, bercé par le pas régulier de sa monture, et il tomba dans une rêverie où s’entremêlaient souvenirs du passé, les livres poussiéreux de ses heures noires, les veillées nocturnes dans la bibliothèque, tandis que lui parvenaient, la nuit venue, les soupirs et la voix de la forêt.
[...]
Voici un texte inachevé de mon livre… c’est un parchemin destiné à être lu par les apprentis officiers de la Légion.
Cela aidera les lecteurs à comprendre la difficile notion des différentes Maisons : Jour, Nuit, Aube et Crépuscule… leurs différentes idéologies, et visions du monde.
Il s’agit donc d’un texte très important !
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Mithallë Ethuilen, Porte-parole de l’Empereur, en ce vingt-troisième jour de Gwaeron.
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******Représentants du Crépuscule :******Laeg Bachor******&******Sirth Menelros |
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******Représentante du Jour :******Elloth arth’Othronn |
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******Représentant de la Nuit :******Asgar Fuinnûr « Bregolanor » |
******Représentants de l’Aube :******Laeb Mírigond******&******Falf Glossen |
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Ainsi que Sîdh Mardur, Diplomate du Conseil.
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Sirth Menelros : Connaître ce que le mage ou le général ennemi a en tête est très important. Dès que vous possèderez ceci, vous connaîtrez sa faiblesse, et la manière de le déjouer.
Laeg Bachor : Maître Annúmacil a conseillé l’Empereur Ar-Silivagol Nelui avant la bataille des Sept Rivières et lui a dit de ne pas engager ses troupes de réserves jusqu’à ce que l’ennemi soit victorieux. Ar-Silivagol répondit : “Mais si l’ennemi est déjà victorieux, pourquoi utiliser mes réserves ?” Maître Annúmacil répliqua : “L’ennemi sera vulnérable uniquement quand il croira avoir gagné.” Ar-Silivagol parvint à vaincre une armée deux fois plus nombreuse que la sienne.
Elloth arth’Othronn : Cependant, la bataille des Sept Rivières fut gagnée à grand prix, et l’Empire vacilla longtemps après. L’ultime sacrifice de soldats pour occuper l’ennemi sur un front doit être le dernier recours.
/
Sîdh Mardur : Un poids que l’on porte d’une main paraît plus lourd que si on le porte avec les deux mains.
Laeb Mírigond : Sur le champ de bataille, seuls des mages peuvent rivaliser avec des mages ; un chef de guerre avisé disposera habilement ses troupes magiques selon la force de l’ennemi.
Sirth Menelros : Une guerre entre deux nations magiques ne prendra pas la même tournure qu’entre deux terres de guerriers, ou entre des mages et des guerriers.
Sîdh Mardur : La pluralité d’une armée saura la sortir de toutes les mauvaises passes, chaque classe usant de sa spécificité tour à tour.
Falf Glossen : L’effet de surprise agit à tous les étages, et aussi ancestrale soit-elle, cette technique ne se fane pas. La subtilité d’une attaque à plusieurs degrés que l’ennemi ne saura déceler peut renverser le destin.
Elloth arth’Othronn : Si l’ennemi sait qu’il est vaincu avant le début de la bataille, il est probable que vous n’ayez pas à combattre, ni à tuer.
Laeg Bachor : Cela fait échos au problème du moral : ôter toute volonté à un ennemi plus nombreux peut au final le rendre impuissant. Persuader vos troupes que la victoire est certaine les fera se battre avec furie et efficacité.
Elloth arth’Othronn : Préserver des vies dévoilera votre bonté aussi bien à vos troupes, qu’aux vaincus reconnaissants et à l’Unique.
Falf Glossen : Viser directement le cœur de l’ennemi tout en distrayant son attention permet au Général de réduire à néant la force de l’ennemi sans pour autant massacrer : Priver l’ennemi de ses dirigeants, c’est en faire un ennemi désorganisé, désuni et vulnérable.
Elloth arth’Othronn : Rallier vos adversaire à votre cause grossit vos rangs.
Laeg Bachor : Semer le doute, la discorde ou la trahison au cœur des légions ennemies l’affaiblira d’autant. Comme disent les Periain, « diviser pour mieux régner ».
Asgar Fuinnûr « Bregolanor » : À quoi bon épargner les meurtriers et les traîtres, quand on peut les éradiquer définitivement ? Laisser une chance, c’est laisser un risque d’échec. L’échec est amer. Mettre toutes les chances de son côté ne laisse pas de place au doute et aux probabilités.
Elloth arth’Othronn : Épargner des vies, c’est allonger la liste de ses amis, en vue d’un jour où l’aide extérieure sera nécessaire.
Asgar Fuinnûr « Bregolanor » : L’on ne peut compter que sur soi, la seule personne qui ne risque pas de trahir. Laisser la vie à l’ennemi est inutile et inconscient, sinon pour en faire des esclaves serviles.
Laeb Mírigond : Peut-être que par « victoire sans combat », Maître Annúmacil souhaitait aussi et avant tout parler des vies épargnées au cœur de nos armées. La vie des ennemis chaotiques, démoniaques et morts-vivants ne compte guère. Celle des humains qui nous sont adverses a une grande valeur, certes, mais elle reste moindre que celle des enfants de nos terres, qui œuvre pour le Bien depuis toujours.
Sîdh Mardur : Et… qu’en est-il des Traîtres ? Les épargner en tant qu’Humains, ou les détruire en tant que servants de l’Ombre ?
Elloth arth’Othronn : Les Traîtres restent des Hommes. Ils sont restés fidèles à celui qui par faiblesse s’est tourné vers l’Ombre, mais en leur sang ils sont toujours les Enfants d’Ilúvatar.
Laeg Bachor : Ceux qui se sont résolument et consciemment tournés vers les Ténèbres doivent êtres détruits avec elles.
Asgar Fuinnûr « Bregolanor » : Les arts ténébreux ne sont pas la seule propriété de Ceux qui ont trahi. La magie est vaste, même si le Conseil en restreint les limites ! La Lumière ne pourrait-elle user des mêmes moyens que l’Ombre pour la vaincre par ses mêmes artifices ?
Laeb Mírigond : Quel que soient les interprétations des paroles du Maître, le Chef de Guerre novice peut être certain que la vie de ses propres soldats doit être préservées. À lui seul de déduire à partir de ses convictions quel doit être le sort de ses ennemis, et à en assumer les conséquences, bonnes ou mauvaises.
Falf Glossen : L’Ennemi lance toutes ses troupes dans la guerre, puisqu’il dispose d’Orques et de monstres hideux sans limite, semble-t-il. Aussi peut-il jeter toute sa force, sans se soucier de la vie de chaque soldat. Mais cela a un revers : se croyant invincible sur le front qu’il a choisi, il peut être déjoué là où la masse de ses armées n’est pas.
Sîdh Mardur : Les Glamhyth sont en nombre infini, mais ils sont mal armés, leurs armures sont négligeables et leur préparation nulle. Ils ont l’atout du nombre, de la barbarie. Nous autres soldats de l’Empire apportons un soin méticuleux à former des troupes de qualité. Ainsi, la discrétion des guerriers d’élite peu surprendre la force infinie de l’Ombre. Mais en retour, le marteau de puissance ténébreuse n’a aucun mal à écraser ses opposants lorsqu’ils ne sont pas prévoyants. Ses troupes ne comptent guère, leur but ultime, oui.
Elloth arth’Othronn : Tout mage peut incinérer ses ennemis dans les flammes magiques mais détruire ses adversaires est le dernier recours d’un mage de talent.
Laeg Bachor : La Légion joue sur la subtilité, la perfection, la foi, et l’Ombre sur le chaos, la masse et la peur.
Sîdh Mardur : C’est en dénudant l’arbre de toutes ses feuilles, petit à petit, que toute vie s’en évade.
Asgar Fuinnûr « Bregolanor » : Non. Il faut sectionner le tronc le plus rapidement possible. Privé de vie, un peuple n’est plus.
Elloth arth’Othronn : Je suis persuadée du contraire. Les racines puissantes peuvent redonner vie, et les graines enfouies émerger à nouveau. L’on ne peut anéantir un peuple acharné, ou une idée ancrée dans les esprits.
Asgar Fuinnûr « Bregolanor » : Si un torrent de lave engloutit toute vie, ou si un cataclysme laboure la terre sur une grande profondeur, nulle graine ou racine ne pourra éclore à nouveau. Toute création peut être détruite.
Elloth arth’Othronn : Et tout ce qui a été détruit peut être recréé.
Asgar Fuinnûr « Bregolanor » : Ceux qui passent pour les plus grands généraux sont presque toujours ceux qui sont les moins talentueux. Les vrais maîtres ne sont pas connus des foules.
Elloth arth’Othronn : La gloire personnelle compte moins que la plus petite des victoire contre l’Ombre.
Laeg Bachor : Un Général aimé de ses troupes aura un plus grand champ d’action. La confiance des soldats envers un Chef qui a déjà été victorieux solidifie l’ardeur et atténue les doutes.
Laeb Mírigond : Faut-il pour autant privilégier la gloire à la sécurité d’une victoire aisée ? L’amour des soldats pour leur Chef vient souvent de sa capacité à épargner le plus grand nombre d’entre eux, et ensuite seulement de son habileté à acquérir une victoire difficilement.
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********
*
II, 3

Tercáno – Impérial, 24 ans, voleur
Yuron – Elfe des Bois, 20 ans, voleur
Critharon Eredhiad - Impérial, 51 ans, marchand
Bálaniell Eredhiad – Sa femme, 40 ans
Aelin Eredhiad - Leur fille, 18 ans
Niged Eredhiad – Leur fils, 11 ans
La fameuse maison hantée de la famille Eredhiad à Mâr Glad, rez-de-chaussée et premier étage, nécessitant une scène dotée d’un second étage où se déroulera l’essentiel de l’action.
***
On entend un craquement, des bruits de pas dans un escalier, le son d’une respiration d’homme, mais nous ne voyons toujours rien.
Puis une voix vient d’en haut.
AELIN (hors scène)
Hé ! Il y a quelqu’un en bas !
NIGED (hors scène)
Est-ce que je dois réveiller papa ?
AELIN (hors scène)
Non… C’est peut-être seulement mon imagination…
On peut voir la lumière d’une lanterne descendre depuis le sommet de l’escalier et la forme mince d’une belle jeune fille, AELIN, qui descend nerveusement l’escalier sur le côté droit de la scène.
Grâce à la lumière de la lanterne, nous découvrons le premier étage d’une vieille maison poussiéreuse, avec un double escalier sur le côté droit de la scène. Une cheminée éteinte s’élève sur le côté gauche. Une table, un coffre verrouillé et une penderie constituent le reste du mobilier.
NIGED (hors scène)
Aelin, qu’est-ce que tu fais ?
AELIN
Je vais juste m’assurer qu’il n’y a rien… Retourne te coucher, Niged.
Tandis que la jeune fille dépasse la table, nous voyons l’Elfe des Bois YURON se glisser avec souplesse derrière elle puis sur le côté de son champ de vision, évitant soigneusement la lumière de la lanterne. Elle ne semble pas le voir tandis qu’il s’approche lentement d’elle, ses pas n’émettant pas un bruit sur le plancher de bois.
Alors qu’il l’a pratiquement rejointe, un fracas se fait soudain entendre en contrebas. L’Elfe réagit en s’éloignant d’un bond pour se cacher derrière la table.
La jeune fille ne semble pas remarquer le bruit et Yuron entreprend de l’observer depuis sa cachette.
NIGED (hors scène)
Tu as trouvé quelque chose ?
AELIN
Non. C’était sans doute mon imagination, mais je vais aller voir en bas.
NIGED (hors scène)
Le feu est allumé ? J’ai froid…
Aelin regarde dans la direction de la cheminée depuis longtemps éteinte, de même que Yuron.
AELIN
Bien sûr que oui. Tu n’entends pas le craquement des flammes ?
NIGED (hors scène)
Si, je crois…
Aelin sursaute soudain comme si elle entendait un bruit que nous ne percevons pas. Elle tourne son attention vers l’escalier qui mène au rez-de-chaussée.
AELIN
Il y a quelqu’un ?
Aelin commence à descendre, la lanterne levée devant elle. Elle ne semble pas remarquer qu’un Impérial, TERCÁNO, la dépasse en remontant calmement l’escalier, portant un gros sac rempli de butin et sa propre lanterne.
TERCÁNO
Excusez-moi, jeune dame. Je ne fais que vous cambrioler.
Nerveuse, Aelin continue à descendre lentement l’escalier. Sa lumière nous dévoile l’étage en dessous. Son regard parcourt la pièce basse de plafond et entièrement vidée de son contenu tandis que l’action continue à l’étage.
La lanterne de Tercáno constitue à présent une source d’éclairage pour le premier étage.
TERCÁNO
Pourquoi te caches-tu, Yuron ? Je te l’ai dit, ils ne peuvent ni te voir, ni t’entendre.
Yuron sort de derrière la table, l’air penaud.
YURON
Je n’arrive pas à croire que ce sont tous des fantômes. Ils ont l’air tellement vivants.
TERCÁNO
C’est ça qui fait peur aux « superstitionneux ». Mais ils ne nous feront aucun mal. Ils revivent le passé, comme le font tous les fantômes.
YURON
La nuit où ils ont été assassinés.
TERCÁNO
Arrête de penser à ça ou tu vas te faire peur tout seul. J’ai récupéré toutes sortes de choses au rez-de-chaussée : des bougeoirs en argent, de la soie, et même de l’or. Et toi ?
Yuron lève son sac vide.
YURON
Désolé, Tercáno, j’allais m’y mettre…
TERCÁNO
Mets-toi au travail sur ce coffre, alors. C’est pour ça qu’on est venus.
YURON
Ouais, ouais. J’ai le talent, tu as les idées… et l’équipement. Tu as rempli la lanterne avant qu’on arrive, hein ? Je ne peux pas travailler dans le noir…
TERCÁNO
T’inquiète pas, Yuron. Pas de surprise, je te le promets.
Yuron sursaute tandis qu’un jeune garçon, NIGED, fait son apparition dans les escaliers. Le petit descend les marches sans bruit et s’approche du feu. Il agit comme s’il alimentait la cheminée, ajoutant du bois, tisonnant les braises, bien qu’il n’y ait ni bois, ni tison, ni flammes.
TERCÁNO
Nous avons tout le temps devant nous, mon ami. Personne ne s’approche de cette maison. S’ils voient la lumière de notre lanterne, ils penseront simplement que ce sont les fantômes.
Yuron entreprend de crocheter la serrure du coffre tandis que Tercáno ouvre la penderie pour en examiner le contenu, lequel semble essentiellement constitué de vêtements mités.
Yuron est distrait, il regarde dans la direction du jeune garçon.
YURON
Hé, Tercáno, ça fait combien de temps qu’ils sont morts ?
TERCÁNO
Environ cinq ans. Pourquoi tu me poses cette question ?
YURON
Juste pour discuter.
Tandis qu’ils discutent, Aelin, en bas, a terminé l’examen de la petite pièce et agit comme si elle verrouillait la porte d’entrée.
TERCÁNO
Je ne t’ai pas déjà raconté l’histoire ?
YURON
Non, t’as juste dit : hé, je connais un endroit qu’on peut cambrioler où il n’y a personne, excepté des fantômes. J’ai cru que tu plaisantais.
TERCÁNO
Je ne plaisantais pas, partenaire. Il y a cinq ans, les Eredhiad vivaient ici. De braves gens. Tu as vu la fille, Aelin, et le garçon, Niged. Les parents s’appelaient Critharon et Bálaniell, si je me souviens bien.
Yuron a réussi à crocheter le coffre et en examine le contenu. Pendant ce temps, Niged se relève devant le “feu”, apparemment réchauffé, et s’avance jusqu’au sommet des escaliers qui mènent en bas.
NIGED
Hé !
La voix du garçon fait sursauter Yuron, Tercáno et Aelin.
AELIN
Pourquoi tu n’es pas au lit ? Je vais juste aller vérifier la cave.
NIGED
Je vais t’attendre.
YURON
Et alors, qu’est-ce qui s’est passé ?
TERCÁNO
Oh, ils ont été réduits en pièces. A moitié dévorés. Personne n’a jamais su qui ou ce qui avait fait le coup. Mais il y a eu des rumeurs…
Aelin ouvre la porte de la cave et entre. La lumière disparaît du rez-de-chaussée. Niged attend patiemment en haut de l’escalier en chantonnant pour se rassurer.
YURON
Quel genre de rumeurs ?
Tercáno, qui en a terminé avec la penderie, aide Yuron à récupérer l’or contenu dans le coffre.
TERCÁNO
Joli butin, hein ? Oh, les rumeurs. Eh bien, on dit que dame Bálaniell était une sorcière avant de se marier à Critharon. Elle aurait tout abandonné pour lui, pour devenir une bonne épouse et une bonne mère. Mais les sorcières n’auraient pas pris ça très bien. Elles l’auraient retrouvée et auraient envoyé un genre de créature ici, au milieu de la nuit. Quelque chose d’horrible, sorti tout droit d’un cauchemar.
NIGED
Aelin ? Aelin, pourquoi tu mets si longtemps ?
YURON
Par les dieux, est-ce qu’on va les regarder se faire tuer, juste sous nos yeux ?
NIGED
Aelin !
CRITHARON (hors scène)
Qu’est-ce qui se passe en bas ? Arrête tes bêtises, mon garçon, et va te coucher.
NIGED
Papa !
Niged, effrayé, court vers l’escalier menant à l’étage. Au passage, il heurte Yuron, qui tombe. L’enfant ne semble rien remarquer et continue jusqu’au deuxième étage, hors scène.
TERCÁNO
Tout va bien ?
Yuron se remet debout d’un bond, le visage pâle.
YURON
Il m’a touché !! Comment un fantôme pourrait-il me toucher ?!
TERCÁNO
Eh bien… Bien sûr qu’ils peuvent. Certains, en tout cas. Tu as entendu parler des esprits ancestraux qui gardaient des tombeaux, et du fantôme du roi qu’ils avaient à Pellardur, dans la Baie du Sud. S’ils ne pouvaient pas te toucher, ils serviraient à quoi ? Pourquoi t’es si surpris ? Je parie que tu croyais qu’il allait te passer au travers.
YURON
Ben oui !
CRITHARON, le maître de maison, descend prudemment l’escalier.
BÁLANIELL (hors scène)
Ne me laissez pas, Critharon ! Je viens avec toi !
CRITHARON
Attendez, il fait noir. Laissez-moi prendre un peu de lumière.
Critharon s’approche de la cheminée éteinte, il avance la main et, soudain, une torche allumée apparaît entre ses doigts. Yuron recule en hâte, horrifié.
YURON
Je l’ai senti ! J’ai senti la chaleur du feu !
CRITHARON
Vous pouvez descendre. Tout va bien.
Niged conduit sa mère BÁLANIELL au bas des marches, où ils rejoignent Critharon.
TERCÁNO
Je ne vois pas pourquoi tu as tellement peur, Yuron. Je dois dire que ça me déçoit. Je pensais pas que t’étais du genre « superstitionaliste ».
Tercáno se dirige vers les escaliers montants.
YURON
Où tu vas ?
TERCÁNO
Il reste un étage à fouiller.
YURON
On peut pas juste s’en aller ?
Yuron regarde les trois membres de la famille, guidés par Critharon et sa torche, descendre vers l’étage en dessous.
CRITHARON
Aelin ? Dis quelque chose, Aelin.
TERCÁNO
Là, tu vois ? Si tu n’aimes pas les fantômes, le deuxième étage est le meilleur endroit. Ils sont tous les quatre en bas, maintenant.
Tercáno monte à l’étage, hors scène, mais Yuron reste debout en haut des escaliers, les yeux rivés sur la famille. Tous les trois examinent le rez-de-chaussée, comme l’a fait Aelin, avant de se tourner vers la porte de la cave.
YURON
Tous les… quatre ?
Critharon ouvre la porte de la cave.
CRITHARON
Aelin ? Qu’est-ce que tu fais dans la cave, ma fille ?
BÁLANIELL
Tu la vois ?
YURON
Tous les quatre, Tercáno ?
CRITHARON
Je crois que oui… je vois quelqu’un… Hé ?
YURON
Et s’il y avait cinq fantômes, Tercáno ?!
Critharon fait passer sa torche à l’intérieur de la cave et celle-ci s’éteint brusquement. Le rez-de-chaussée se retrouve plongé dans le noir.
Niged, Bálaniell et Critharon hurlent mais nous ne pouvons voir ce qui leur arrive.
Yuron est pratiquement hystérique, criant en même temps qu’eux. Tercáno redescend en hâte du deuxième étage.
TERCÁNO
Qu’est-ce qui se passe, bon sang ?!
YURON
Et s’il y avait cinq fantômes ?! L’homme, la femme, la fille, le garçon… et ce qui les a tués ?!
TERCÁNO
Et ce qui les a tués ?
YURON
Et si c’était un fantôme capable de nous toucher ?! Comme les autres !
Depuis le rez-de-chaussée plongé dans les ténèbres, on entend le grincement d’une porte qui s’ouvre, bien que nous ne puissions rien voir. Puis des bruits de pas lourds et griffus qui s’approchent de l’escalier, un pas à la fois.
TERCÁNO
Ne t’énerve pas comme ça. S’il peut nous toucher, qu’est-ce qui te fait croire qu’il voudra le faire ? Tous les autres n’ont même pas vu qu’on était là.
La lumière de la lanterne de Tercáno diminue légèrement. Il l’ajuste précautionneusement.
YURON
Oui mais… mais si ce n’était pas un fantôme, Tercáno ? Si c’était la même créature et qu’elle était toujours vivante… et qu’elle n’avait rien mangé depuis cinq ans…
Les bruits de pas commencent à marteler lentement les marches de l’escalier, bien que nous ne puissions pas voir de quoi il s’agit. Yuron remarque que la lumière de la lanterne est en train de baisser tandis que Tercáno tente frénétiquement d’en maintenir la flamme.
YURON
Tu as dit que t’avais rempli la lampe !
La lumière s’éteint totalement et la scène est plongée dans les ténèbres.
YURON
Tu m’avais promis que t’avais rempli la lampe !
De nouveaux bruits de pas suivis d’un horrible, horrible cri. Les deux hommes hurlent.
Lothenon *Pethdan*
L’une des plus belles chansons que mon coeur a eu l’occasion d’entendre…
~> Pierre Lapointe – Au pays des fleurs de la transe
Paroles :
La libellule au front
L’oeil caché au creux des mains
J’irai tête première dans les champs de blancs chemins
Trouver les yeux de mon frèreCar il ne reste plus rien
Plus rien que quelques souvenirs
Du plus épinel de ma vie
Du cercle éternel qui vieillit
Et si toujours comme au passé
Il revient pour me terrasser
J’irai pieds nus marcher
Dans la forêt des mal-aimésL’épopée fantomatique commence
Au pays des fleurs de la transe
Les cheveux accrochés au vent
Je partirai les pieds devant
Le sourire amer d’irrévérence
Au pays des fleurs de la transeAdieu ivresse
Adieu mouvance
Adieu rescapés de la chance
Je couperai ma barbe à coups de barbelés
Je couperai ma barbe à coups de barbelésJ’irai pieds nus dans la forêt des mal-aimés
Aveuglé par la grandeur du blanc maculé
Cueillir la fleur déjà fanée de quelques années piétinées
À marcher dans les sentiers vacants des regrets désenchantés
Dans la forêt des mal-aimés
Dans la forêt des mal-aimésVite à genoux le temps passé
Vite les amours oubliées
Je couperai ma barbe à coups de barbelés
Je couperai ma barbe à coups de barbelés
Voilà, j’ai enfin terminé cette “affiche” infographiée… [néologisme ??
]
J’ai utilisé painter, fait de nombreux croquis, découpé des images [pour faire cet effet de découpage-collage comme un dessin surréaliste d'enfant pas sage en art-pla], utilisé quelques pochettes de disques de jazz et de rock que j’ai aussi transformée, mises en reflief et en noir et blanc, remaniées et transfigurées….
La texture employée est une sorte de papier recyclé que j’aime bien…
Pour le texte, j’ai pris les polices Staubiges Vergnügen et T4C Beaulieux, deux polices que j’affectionne tout particulièrement…
Voilà, le texte ne dit rien d’autre que ma passion pour les mots, ma dévotion envers l’art de forger les phrases…
et ma signature, “Lothenon *Pethdan*, Wordsmith of Lost Tales…” ~> Lothenon *Pethdan*, Artisan de Mots des Contes Perdus…
[cliquez pour agrandir...
]
© Pethdan, 2007
Mélodie des derniers jours… quelle harmonie avec mes récentes pensées !…
Cliquez ~> Pierre Lapointe – de Glace
Paroles :
Tu peux jeter la pierre
Moi je n’sentirai rien
Car je suis fait de glace
Oui je suis fait de glace
À force de tomber
L’âme trop épuisée
J’ai fini par comprendre
Que tout malaise se passe
Que tout malaise se passe
Et puis cette musique
Que j’entends sans arrêt
Je sais qu’elle sera mienne
Je sais qu’elle tienne
Celle de l’astre qui tombe
Car lui aussi succombe
Au désir de tomber
Toujours un peu plus bas
Toujours un peu plus bas
Je sais qu’encore hier
L’amour s’est liquéfié
Quelque part entre nous
Aux trois quarts de l’aller
Resterons-nous toujours
Pleurant à ses côtés
Espérant retrouver
L’ardeur des premiers jours
L’ardeur des premiers jours
Tu peux jeter la pierre
Moi je n’sentirai rien
Car je suis fait de glace
Oh, je suis fait de glace
À force de tomber
L’âme trop épuisée
J’ai fini par comprendre
Que tout malaise se passe
Que tout malaise se passera
Voici la deuxième pub [eh oui on s'est pas laissé abattre hein !]
Dites laquelle vous préférez !
Croquis préparatoire :
Colorisation [oui bon, noir et blanc ! ^^] :
AVEC PAINTER :
~> retouche des contours
~> modification des traits qui n’allaient pas [genre la maison, le bas des pattes ou l'église]
… c’est un peu plus regardable, non ?
Pub :
Voilà, en anglais nous avons dû réaliser une pub pour promouvoir les aspects attractifs de notre si belle région [ça vaut pas l'Islande hein, quand même... ça reste la France, la toute petite et monotone France...]
Je me suis donc éclaté, et j’en ai fait deux, avec la bonne compagnie de Eric le Fouchysois délinquant et Ingrid la Lutine facétieuse ^^

trop bon… j’adore l’accent ^^… je vous rassure, seuls quelques irréductibles parlent encore aussi… *subtilement* ^^