Saxon – Se Wordsmið

Voici un ptit texte de présentation… en saxon ! =)
… une langue qui résonne en mon coeur comme seul le Sindarin l’avait fait jusqu’à présent !
[cliquez pour agrandir ;) ]
*

Version 2.4 : quoi de neuf ?

Gorple by Mortimea

Eh oui, quelles immondices nous a concocté à nouveau cet Artisan de Mots ?

Pas grand-chose, certes, mais c’est déjà ça en cette période mouvementée =)

• Une nouvelle widget en haut à droite -qui servira jamais, j’en suis sûr ^^”-, pour permettre aux ptis fous de voir l’ensemble des articles, ce qui fait un bon paquet ^^ (près de 200)

• Quelques nouveaux dessins, pour vous remercier, car nous approchons tout doucement des 50.000 visites ! :D

• L’accélération du chargement des musiques =)

• Un affichage plus rapide, en principe [le site est encore et toujours optimisé pour notre ami Firefox, les autres tant pis ^^]

• Une nouvelle version de la fenêtre de chat en bas à gauche, que tout le monde oublie XD

• … et, bien sûr, ce que chacun aura remarqué : de la NEIGE !

=D

… pour d’autres nouvelles, il reste toujours ma galerie deviantART !

Concept art – Sky Pirates 3 – Arnoy, Pilot of “the Impetuous”

Allez, je ne résiste pas à publier maintenant ce ptit dessin que j’ai fait en ce début de vacances ^^…

… non seulement le concept art d’un des personnages de mes aventures piratesques du ciel sur Sin’yen [oui j'en parle toujours, mais je publie jamais de texte dessus ^^... ben c'est normal parce que les textes ne sont pas finalisés, et que je me concentre d'abord sur mon cycle d'Elenardh avant de commencer sérieusement le reste... =)], mais aussi un cadeau de Noël pour quelqu’un ^^

Voici donc le lineart :

… et la version coloriée (sous Painter 9.5) :

Gribouillon – Petit Lutin mort de rire

À l’heure des soupes et des bouillons, c’est à moi de faire des gribouillons =)

Les vacances prennent tout leur sens après cette époque chargée, et avant la suivante, qui ne sera guère mieux :/

… alors j’en profite pour terminer un nombre colossal de projets, gribouillis et illustrations, programmes en flash, poèmes et dessins… :D

Sinon, vite fait, pour Noël, je n’ai pas reçu grand-chose d’exceptionnel, à part de l’argent, du chocolat et des bredalas =)

… ah si, un coussin en latex -j’arrivais plus à dormir sur mon ancien oreiller en plumes-, et… qui a fait l’objet de quelques remarques déplacées de Pauline XD

… et mes 3.5Go de RAM !!!! [bon, ok la seconde barette est défectueuse, donc je n'ai que 1.5Go pour le moment, mais ça changé déjà la vie ^^]… je pourrai donc programmer, écouter de la musique, écrire, dessiner et retoucher sous Painter, tout ça EN MÊME TEMPS !!

… mouhouhahaha ! (geek ? nooooon ^^)

Comme l’envie me démange de retrouver enfin les grandes plaines inondées et les bois sauvages des alentours, je n’ai donc pas le temps de tout poster ici avant ce soir ^^…

Mais pour vous contenter, voici tout de même un ptit lutin (ou farfadet, si vous voulez, z’avez qu’à lui demander, si vous savez pas) explosé de rire, on ne sait pourquoi… qu’a-t-il vu de si ridicule ?… Eric ? XD [à charge de revanche, n'en profite pas pour le prendre comme faux argument de déprime ;) ]

Sindarin – Chanson de Legolas : “Na’Aear ! Vers la Mer !”

Illustration: Les tours d’Emyn Beraid, les Collines des Tours, à l’Ouest de la Comté, et le Beau Peuple qui fait son dernier voyage vers les Havre Gris de Mithlond… Ils longent le fleuve de la Lune et s’apprêtent à partir vers l’Ouest à bord de leurs navires couleur d’argent… par Ted Nasmith

Voici la traduction en Sindarin d’une partie du Chapitre 4 Le Champ de Cormallen (Cor Mallen, à l’origine, et qui signifie, au passage, “Anneau d’Or”) du livre 6 du Seigneur des Anneaux

*
Pent Legolas: «Ar im padathon vi eryn en-dôr vain hen i nâ îdh far. Ned orath i telithar, ae hîr nín Edhellen devitha, pin o gwaith vín anglennatha simen; ar ir telitham natha dôr hin i ‘alu, dan na lû thent. Na lû thent: ahad, cuil, haran inath in Edain. Dan Anduin nef, ar Anduin tôg dadbenn na ‘Aear. Na ‘Aear!

Na ‘Aear, na ‘Aear! Mýl ‘lain nallol,

I sûl ribiel a i falf ‘loss reviol.

Na annûn hae, ias Anor dannol.

Cair vith, cair vith, lastal hain canel,

Lamath in-gwaithen i gwennin no nin?

Gwannathon, gwannathon taur i onnant nin;

an midui orath vín a dennin inath vín.

Trevedithon ‘aear land erui ciriel.

Falvath enainn bo Mathedfalas dannol,

Lamath vilui vi Tol Gwannen cannen,

Vi Tol Ereb, ned Bar-in-Edhil i Edain ú-gennir,

Ias lais ú-dhannar: dôr en-gwaith nín an-uir!»

A linniel hen Legolas gwannant dadbenn en amon.

*

Traduction mot-à-mot: (oui, mot-à-mot, pas que vous croyiez que c’est du “petit nègre” ^^ c’est bien du français, mais c’est pour faciliter la compréhension de la traduction…)

Dit Legolas: «et je marcherai dans [les] bois de ce pays beau , qui est tranquille assez. Dans les jours qui viendront, si seigneur-mon des Elfes permettra, quelques uns de peuple notre approcheront ici; et quand nous viendrons [ce] sera pays ce la bénédiction, mais pour [un] temps court [dans le sens d'un instant]. Pour [un] instant court: mois, vie, centaine d’années des Hommes. Mais Anduin [est] sur-ce-côté [dans le sens de près de], et Anduin mènera vers [la] Mer, Vers [la] Mer!

Vers [la] Mer, vers [la] Mer! Des mouettes blanches crient,

Le vent souffle et l’écume blanche vole,

Vers l’Ouest au loin, dans lequel la Soleil tombe.

Bateau gris, bateau gris, les entends-tu appeler,

Voix de mon peuple qui passa avant moi?

je quitterai, je quitterai une forêt qui m’ennuie;

pour derniers jours nos et tombantes années nos.

je traverserai la Mer vaste seul naviguant.

Les vagues [sont] longues sur Dernière côte tombantes,

Les voix [sont] douces dans l’Ile Perdue appelantes

Dans Solitaire Ile, dans la demeure des Elfes que les Homme ne voient pas,

Dans lesquelles les feuilles ne tombent pas: pays de peuple mon pour toujours!»

Et en chantant ceci, Legolas descendit la colline.

Lothenon *Pethdan*

Khuzdûl – La Chanson de Durin

Pour l’adaptation de La Communauté de l’Anneau au cinéma, Philippa Boyens a composé de très nombreux textes et poèmes qui seront utilisés dans la bande son… en voici un, celui que l’on entend lorsque la Communauté franchit les portes de la Moria, et commencent leur périple dans l’ombre.

 

Khuzdûl

Durin ku binamrad
Ugmal sulu addad ku ba
Abad ku ganaga
Tur ganad
Abanul Durin
Ku bin Amrad
Ku ba kana a na aznan
Un du abad
Ku gan aga aznan.

Le poème original de Ph. Boyens est:

Durin who is Deathless
Eldest of all Fathers
Who awoke
To darkness
Beneath the mountain
Who walked alone
Through halls of stone
Durin who is Deathless
Lord of Khazad-Dûm
Who cleaved The Dark
And broke
The silence
This is your light!
This is your word!
This is your glory!
The Dwarrowdelf of Khazad-Dûm!

Traduction :

Durin qui est Immortel
L’aîné de tous nos Pères
Qui se réveilla
Des ténèbres
Au-dessous des montagnes
Qui marcha seul
A travers les halls de pierre
Durin qui est Immortel
Seigneur de Khazad-Dûm
Qui fendit l’Ombre
Et brisa
Le silence
Ceci est ta lumière!
Ceci est ta parole!
Ceci est ta gloire!
Le Dwarrowdelf de Khazad-Dûm…

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Malebranche, 2×2=4, raison universelle

Des nouvelles en vrac :

• Je suis overbooké de travail en cette semaine de bac blanc :’(

• et aussi, en train de retomber amoureux, ce qui n’est pas pour améliorer les choses…

• vivement Noël ^^… j’aurai sans doute mon Go de RAM supplémentaire, pour… ouvrir décemment Painter 9.5, continuer à faire 36 000 trucs en même temps sur le PC, et… et et et : JOUER À RAPPELZ !!! Je need, ça fait 15 jours que j’y suis plus allé ^^

•  ce matin, mon bac blanc de philo, avec un texte de Malebranche, extrait de De la Recherche de la Vérité, 1675 :

“Je vois par exemple que deux fois deux font quatre, et qu’il faut préférer son ami à son chien ; et je suis certain qu’il n’y a point d’homme qui ne le puisse voir aussi bien que moi. Or je ne vois point ces vérités dans l’esprit des autres, comme les autres ne les voient point dans le mien. Il est donc nécessaire qu’il y ait une Raison universelle qui m’éclaire et tout ce qu’il y a d’intelligences. Car si la raison que je consulte n’était pas la même que celle qui répond aux Chinois, il est évident que je ne pourrais pas être aussi assuré que je le suis, que les Chinois voient les mêmes vérités que je vois. Ainsi la Raison que nous consultons quand nous rentrons dans nous-mêmes, est une Raison universelle. Je dis quand nous rentrons dans nous-mêmes, car je ne parle pas ici de la raison que suit un homme passionné. Lorsqu’un homme préfère la vie de son cheval à celle de son cocher, il a ses raisons, mais ce sont des raisons particulières dont tout homme raisonnable a horreur. Ce sont des raisons qui dans le fond ne sont pas raisonnables, parce qu’elles ne sont pas conformes à la souveraine raison, ou à la Raison universelle que tous les hommes consultent.”

… et voici, en un peu moins joli, ce que j’ai gratté [mon brouillon]

… si ça peut en aider certains… ^^

:P [ceux qui viennent chercher de l'aide, laissez un p'tit commentaire histoire que je sache si ma bonté a servi ^^]

*

Malebranche

Q° et thème :

Comment fonder l’évidence du vrai et celle du bien (autrement dit : l’évidence des jugements logique et moral) ?

Thèse (au milieu du texte)

“Il est donc nécessaire qu’il y ait une raison universelle qui m’éclaire, et tout ce qu’il y a d’intelligence”.

Structure de l’argumentation

Cette thèse est vigoureusement argumentée autour de la réfutation de deux objections essentielles :

1. Je ne peux voir l’évidence en autrui, et par conséquent : mon sentiment peut-il être un critère nécessaire ?

2. L’erreur existe, ce qui semble incompatible avec la thèse.

à L’auteur répond à la 1ère objection en montrant que tous les jugements ne peuvent avoir pour fondement qu’une Raison Universelle (RU) qui réside en chacun de nous, et à la deuxième et en montrant que les raisons particulières [du jugement immoral ou passionnel] (RP) sont de fait contraires à la RU.

Argumentation :

Selon Malebranche, “Il est donc nécessaire qu’il y ait une raison universelle qui m’éclaire, et tout ce qu’il y a d’intelligence”. Cependant, son argumentation, qui voit dans l’évidence le critère indifférent des jugements logique et moral ne va pas sans soulever des difficultés :

a. comment l’objectivité du jugement. peut-elle être garantie ?

b. comment justifier, pour une pensée chrétienne, l’identification de la moralité à une préférence et non à un devoir ? Il convient donc, avant de dégager l’intérêt philosophique du texte, de s’interroger sur le sens et la portée de son argumentation.

Étude du texte.

I. La 1ère partie

Elle prépare la thèse (de “Je vois” à “que je vois”). Elle présente la forme d’un raisonnement rigoureux (ou syllogisme) :

Prémisse 1 : affirmation des vérités logiques et morales, (P1)

Prémisse 2 : évidence et certitude en sont les critères ultimes, (P2)

Conclusion : Il existe une raison commune à tous les esprits.

Cela ne peut guère étonner : de Descartes à Kant, la connaissance est vue comme une construction de l’esprit, d’une part, et les vérités sont invariablement saisies par un acte de l’esprit ayant le caractère d’une vision, d’autre part. Malebranche écrit bien “Je vois”, au lieu de “je sais”. L’évidence cartésienne, critère absolu de la vérité, n’est autre que le signe de la présence de l’idée vraie à la pensée. Purement intellectuelle, elle est affranchie de la sensation comme de l’imagination. Or, de ce point de vue, si le premier exemple (2 x 2 = 4) tient bien dans cette perspective, le second nous surprend : “homme” ou “chien” sont des êtres extérieurs, indépendants de ma pensée.

Prémisse 1. L’originalité de Malebranche s’affirme donc dès le début : pour lui vérités math. et morales se confondent. Ce qui est vrai se tient dans l’évidence des rapports : ce n’est ni 2 ni 4, ni ami, ni chien, qui sont des termes isolés, mais les relations qui les unissent. Qu’il s’agisse d’équivalence ou d’ordre, peu importe : ce sont eux qui sont nécessairement réels. Le type d’intelligibilité est donc pour lui identique.

Prémisse 2. Concerne la liaison de l’évidence avec l’objectivité de la connaissance vraie et assurée : Dans “Je vois … je suis certain”, à “voir” correspond l’évidence, à “être certain” correspond l’impossibilité de douter. Il s’ensuit que ce qui est évident, est aussi certain par nécessité. En revanche, ce qui est certain n’est pas nécessairement évident : en effet, il n’est pas évident que ce qui est vrai pour l’un, le soit effectivement pour les autres. Par contre, il certain que ce qui apparaît évidemment à l’un comme étant vrai doit pouvoir, au moins en droit, apparaître aussi au regard de chacun : c’est-à-dire de tous.

Bref : la vérité ne saurait être purement subjective.

Si l’on considère séparément les 2 moments du raisonnement – “la vérité est l’évidence” et “l’évidence est un principe éprouvé toujours et par tous” – alors pas de pb particulier. Mais si on les rapproche, l’évidence appartient slmt à la pensée attentive à sa propre activité. Or, je ne peux éprouver celle des autres, l’intériorité de chacun étant inaccessible. De là, la difficulté que M. transforme en objection “Or, je ne vois point ces vérités dans l’esprit des autres…”. La question devient : comment être certain que l’évidence me garantit une vérité objective ?

à Et la réponse pose alors le fondement nécessaire d’une RU., ciment de l’une et l’autre, raison de leur accord spontané. La R est U parce qu’elle est commune à toute l’humanité (“la chose la mieux partagée du monde”, selon Descartes) Prêtons attention aux termes : elle est une R qui m’éclaire et elle éclaire non slmt en moi, mais aussi hors de moi : “tout ce qu’il y a d’intelligence”. Je peux, par conséquent, la “consulter” et elle me répond. Aussi, est-elle seulement une Raison humaine ? Non : c’est une Raison divine qui peut être dite U. parce qu’elle est la R. de et en toutes choses. Procédant de la même source, l’évidence est ainsi la même pour tous.

Ccl 1. Cette interprétation est conforme à la théorie de la connaissance selon Malebranche, laquelle se présente essentiellement comme une théorie “de la vision en Dieu”.

II. 2e partie (thèse).

La thèse, située au centre du texte, est étayée par la réponse à la 2ème objection : si l’on accepte cette théorie de la RU, comment justifier l’existence de l’erreur ? Les conduites passionnées témoignent d’erreurs morales d’autant plus graves qu’elles ne sont pas forcément totalement absurdes. L’essence de la passion n’est pas absence d’ordre, mais inversion de celui-ci. Cette erreur sur l’ordre, qui me fait préférer l’animal-machine à l’être raisonnable ne peut être attribuée à Dieu : elle doit l’être, par conséquent, à une raison particulière. C’est pourquoi M. oppose RU à RP. Cmt, dès lors, distinguer ces 2 types de Raison ? Par la façon dont nous nous rapportons à l’une et à l’autre : La cause de l’erreur est dehors, celle de l’évidence, dedans ! A deux reprises, Malebranche reprend cette injonction de St-Augustin : “Rentres en toi-même, à l’intérieur de l’homme habite la vérité”. C’est en soi, dans la profondeur de la médiation que je découvre les vérités qui, de toute éternité, sont en Dieu.

Transition. Malgré toute la rigueur de la thèse, des questions restent en suspens. En particulier : L’évidence est-elle bien un critère de vérité légitime ? Lier moralité et connaissance : est-ce compatible avec la liberté humaine ?

III. Intérêt du texte.

M. m’invite à une réflexion au sens propre : à faire un retour sur moi-même. Ce qui m’est alors donné à voir, c’est la présence immédiate du vrai et celle du jugement moral. A cet égard, les 2 ex. qui ouvre le texte suscitent d’emblée mon adhésion.

Mais, si je change les données du 1er exemple, sitôt que j’accrois la difficulté (par ex. en tentant de voir un chiliogone qui est un polygone à 1000 côtés) je constate que la vérité ne peut plus faire l’objet d’une simple vision, mais d’une démonstration ou vérification. L’histoire des sciences confirme cette idée. On ne s’expliquerait pas autrement qu’il y ait un progrès dans la connaissance si celle-ci procédait seulement de l’évidence : pourquoi Aristote n’aurait-il pas vu ce que Galilée a établi ? etc. Si une vérité établie nous paraît évidente, ce n’est qu’illusion rétrospective : on oublie en fait le chemin tout aussi nécessaire qui y a conduit.

Quant au 2e ex. auquel M. consacre la plus grande partie de son argumentation, il n’est pas sans ambiguïté : “il faut préférer son ami à son chien”. D’abord, si le thème suggère bien l’idée de choix (cond. sine qua non de la vérité), il l’oriente cependant subjectivement : c’est plus un sentiment qu’un devoir commandé par l’ordre des choses qui nous enjoint de préférer l’ami (et non l’homme). Ensuite, l’identification du jugement. moral à un jugement. de préférence de ce qui est de rang supérieur implique que la moralité appartient à l’ordre de la connaissance. Il faut être déraisonnable (fou) pour préférer ce qui vaut moins. On comprend mal, dès lors, l’aveuglement passionnel. Le dogme du péché originel peut rendre compte de cette inversion de l’ordre réel, il n’en reste pas moins vrai que pour nous, la moralité relève davantage d’un acte de la volonté que d’un acte de connaissance. Kant, par ex., montrera que le jugement moral est lié à la conscience d’un devoir à accomplir par respect de la loi : c’est parce que l’homme est partagé entre la volonté d’agir par devoir et celle d’agir pour des motifs subjectifs que la moralité apparaît comme l’objet d’un choix radical. Il peut être considéré ici comme choquant d’effacer le caractère dramatique du choix chrétien. Pour Malebranche, celui qui préfère la vie de son cheval à celle de son cocher n’est “au fond pas raisonnable”… tandis que pour moi l’attitude est positivement immorale, bien que je ne puisse le démontrer en toute rigueur.

Ccl

Ainsi ce texte révèle les difficultés inhérentes à une théorie purement rationaliste de la connaissance, ainsi que la difficulté de concilier rationalisme et christianisme : il montre à cet égard que, pour fonder une morale sur la théorie du savoir il faut admettre comme allant de soi les idées relatives à l’acte de savoir – idées dont Kant révèlera bientôt les insuffisances et la fragilité.

Textes – Les Contes de Fýran [II,3] – Premier conte

C’est long mais… je me suis amusé ;) … vous y trouverez sans doute de quoi combler une ptite soirée d’hiver =)

Les contes de Fýran

II, 3

 

édité par la Librairie Glaerathan

Note du Libraire :

Les contes de Fýran se rangent en trois catégories : le cycle des Terres Boisées, celui des Palais et Rois, et un cycle sans nom de contes divers. Certains sont de la propre main du barde, tandis que d’autres, simples ombres des originaux, restent seulement des histoires pour les enfants à l’heure de se coucher.

La plupart sont affectionnés par les auditeurs autour de la cheminée, les soirs de longues veillées d’hiver. S’ils décrivent des événements réels, soit par allégorie, ou soit par simple amusement fantaisiste, seul le lecteur devra en décider.

 

 

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Conte du premier soir :

- larves et héritage, bonté et sorts mesquins -

 

Chapitre Premier

Fýran était sur la route allant d’Andriss à Erynan, quand il sentit la fatigue du soleil de midi. Ses bottes étaient trop petites et il pensait les retirer pour sommeiller un moment à l’ombre d’un chêne proche (les chênes étant les arbres favoris des bardes).

Ce chêne en particulier était vénérable et noueux, avec de robustes branches qui plongeaient et descendaient, touchant presque le sol en certains endroits. De son ombre, Fýran regardait les créatures de la forêt jouant dans la chaleur du soleil. En dehors du bruissement des feuilles, tout en haut, les seuls sons étaient ceux des ailes des papillons et des chants d’oiseaux.

« Quelle belle journée ! En vérité, depuis la première fois que les bardes ont récité des contes, n’y a-t-il jamais eu une journée plus tranquille et plus belle que celle-ci ? »

Il but à sa gourde avant de sortir son luth de son sac, s’éclaircit la gorge et commença à chanter :

« Oh, les damoiselles des plaines d’Andriss vont à la foire… …avec des yeux couleur de ciel, et des cheveux de lin… ».

Il venait juste de prendre une profonde respiration pour entonner le refrain bucolique, lorqu’une petite voix chuchota :

« Gentil barde ! »

Il bondit sur ses pieds, son visage s’empourpra.

« Qui est là ? » cria-t-il.

La petite voix répéta : « S’il vous plaît, monsieur, vous seriez tellement gentil… »

Fýran regarda autour de lui, mais ne vit personne, ni aucune créature s’adressant à lui.

« Je te prie, cria-t-il, de te montrer, ou tu auras à craindre ma dague. (en vérité il essayait désespérément de se souvenir ou il l’avait vue pour la dernière fois.) Que tu sois ami ou ennemi, je te prie de te montrer maintenant ».

La petite voix répondit au-dessus de lui, « Gentil barde, tu n’as aucune raison de me craindre, et j’ai besoin d’aide. Peux-tu voir cela dans ton coeur et m’aider ? »

Il leva les yeux, et ne vit rien d’autre qu’un petit nid de rouges-gorges, trois branches au-dessus de lui. Grimpant rapidement, il trouva un rouge-gorge avec trois petits, leur bouche grande ouverte.

« Bonne mère rouge-gorge, demanda-t-il, se peut-il que ce soit toi qui s’adresse ainsi a moi ? »

« Gentil barde, répondit-elle, je me suis blessée l’aile, et il me faudra au moins une journée avant de pouvoir voler. Si mes enfants ne mangent pas bientôt, ils mourront. Seriez-vous assez gentil pour apporter un gras et succulent repas ? Pourriez-vous trouver une chenille ou un ver de terre ou une larve pour mes enfants ? »

Maintenant, Fýran était touché et ce n’était pas dans sa nature de refuser un appel tel que celui-là, c’est ainsi qu’il parti dans la forêt.

Cherchant sous les feuilles de ronces, il trouva une petite chenille verte. Cela semblait être une nourriture parfaite pour des jeunes rouges-gorges. La ramassant de la feuille dont elle se nourrissait, il se préparait à retourner au chêne quand il entendit une toute petite voix. Il ouvrit sa main et la chenille leva vers lui ses yeux écarquillés de peur.

« Gentil barde, dit-elle, me tueriez-vous si insouciamment ? »

Fýran se gratta la tête, perplexe, et la chenille continua : « Quand tu rafraîchissais tes pieds sous le chêne, n’as-tu pas trouvé de la joie dans la beauté de mes parents, comme ils dansaient devant toi dans les taches de soleil ? Moi aussi, je vais bientôt changer. Dénierais-tu à tes successeurs la joie de ma danse ? Et si je ne vis pas pour avoir des enfants, comment tes propres enfants profiteront-ils d’une telle joie ? S’il vous plaît, humain, un ver de terre ne servirait-il pas les besoins des rouges-gorges aussi bien que moi ? »

Fýran regarda dans les yeux de la chenille et sut qu’il ne pourrait pas la donner en pâture aux rouges-gorges. Précautionneusement, il la plaça sous son buisson de mûres et continua sa recherche.

Près d’un torrent, Fýran trouva une pierre plate qui, une fois déplacée, révéla un juteux ver de terre profitant de la fraîche humidité de la terre.

« Aha, pensa-t-il. Aussi agréable qu’aurait pu être une chenille, cela semble vraiment un repas plus convenable pour des jeunes rouges-gorges. »

Il n’avait pas sitôt ramassé le ver de terre de sa fraîche demeure (où il avait frénétiquement essayé de creuser un tunnel pour s’enfuir loin de lui), qu’il entendit une voix tellement légère qu’il aurait pu l’avoir imaginée :

« Gentil barde », pensa-t-il avoir entendu, et Fýran regarda dans sa main. Le ver continua : « Je ne suis seulement qu’une humble créature, c’est vrai, mais m’accorderais-tu le droit de plaider ma cause ? »

Fýran leva les yeux au ciel comme le ver s’asseyait et saisissait sa chance.

« Je ne suis pas un ver de petite naissance, comme les autres vers que vous auriez pu trouver. Non, je suis un prince parmi les vers de terre. Je descends d’une ancienne lignée. Mes ancêtres creusaient la terre quand les flammes sortaient des noirs trous de ces terres. J’en dirige des millions comme moi. Ce ne serait pas juste pour mes loyaux sujets que, vous, bon Seigneur, leur ôtiez leur souverain, en même temps que ma vie. Je vais faire un marché avec vous. Si vous me relâchez et choisissez, à la place, une pitoyable larve pour les rouges- gorges, j’enverrai un clan entier de vers de terre pour garder votre jardin propre et l’entretenir aussi longtemps que vous vivrez. »

Le ver de terre regardait Fýran, plein d’espoir (tout en calculant la distance le séparant du sol).

« Bon Seigneur, qu’en dites-vous ? »

Fýran avait commence à perdre patience, mais, voyant la valeur de l’offre du ver de terre, décida qu’une larve ferait, en effet, un savoureux morceau pour les jeunes rouges- gorges. Il remit le ver de terre dans son frais paradis et replaça précautionneusement la pierre plate sur lui.

Et, comme il le désirait, un peu plus tard, dans une clairière boisée, en dessous d’une grande plaque d’écorce abandonnée, Fýran tomba par chance sur ce qu’il cherchait : une grasse larve blanche qui ferait grandir les petits rouges- gorges en de beaux oiseaux chanteurs. Il la ramassa de sa cachette et se mit en route.

C’était une belle journée, en effet.

Chapitre Second

Non loin de là, dans la majestueuse Laeriant, le Roi Calanion vivait avec sa charmante fille, Eleria. La princesse était la prunelle des yeux du vieil homme et le joyau de la couronne de son petit royaume. Il la considérait avec la fierté aveugle d’un père très attentionné, et elle, pour sa part, lézardait et grandissait sous le règne de sa bonté.

Laeriant était calme alors, les principaux sons étant le cahot des roues de chariots et les cris de vendeurs de rues, mais cela n’avait pas toujours été le cas.

Trois ans plus tôt, il y avait eu de grands troubles avec la cité de Canaduin, à l’Est. Ce n’était pas grand-chose, un différend sur la frontière, mais le Roi persuada un magicien nommé Longarn de venir à Laeriant a son service, pour l’aider dans le combat.

Longarn était inconnu de tous dans le royaume, et restait à l’intérieur du palais, allant et venant selon son bon plaisir.

Lorsque Laeriant l’emporta, quasiment sans pertes humaines, il y eut une joyeuse célébration durant les jours et les semaines qui suivirent.

Le temps passa, Longarn resta encore là. Le Roi, ne voulant pas paraître ingrat, ne disait rien, mais devenait de plus en plus mal à l’aise avec la présence du magicien et souhaitait son départ.

Au vingtième anniversaire d’Eleria, le Roi Calanion appela à une célébration et un congé a travers tout son pays. Il souhaitait proclamer sa retraite et la succession de sa couronne à sa merveilleuse fille. Par politesse, et rien de plus, il invita le magicien Longarn à l’aider à imaginer son discours.

Longarn était furieux. Il arpentait sa chambre, ses noirs sourcils froncés avec une intensité qui aurait aigri n’importe quel visage.

« Pourquoi, cria-t-il tout haut, suis-je traité si injustement par ce vieux bouffon ? Sans mes compétences, la lutte pour la frontière, peut-être même le royaume lui-même, auraient étés perdus. Je mérite davantage. Je mérite la couronne. La donner à sa sale maniérée de fille, qui ne pense à rien de plus que sa propre personne, est une gifle cinglante comme un gant. J’obtiendrai justice. Je vais démontrer, amplement, à la vue de tous, où se trouve la vraie puissance. »

Sur ce, Longarn prépara ses manigances.

L’anniversaire de la Princesse Eleria tombait un matin d’été. Tout le monde à l’intérieur de la ville, et des fermes à l’extérieur, s’était rassemblé au palais pour le festival.

Les bannières flottaient sur tous les toits. Les harpistes jouaient de leur instrument, et les danseurs dansaient. Les boulangers cuisaient de merveilleux desserts pour l’occasion. C’était un jour dont on se souviendrait longtemps.

À midi, précisément, le Roi Calanion et la Princesse Eleria apparurent sur le balcon principal sur les acclamations du royaume.

« Bonnes gens de Laeriant, appela le Roi, nous sommes seulement un minuscule royaume, mais nous prospérons, n’est-ce pas ? »

Des ovations retentissantes (la plupart) explosèrent de la foule en dessous. Encouragé, Calanion continua :

« Mais maintenant, je suis un vieil homme. Le jour est arrivé où du sang plus jeune est mieux venu pour veiller aux besoins et événements du royaume. Mes sujets… Mes loyaux sujets et amis… C’est avec honneur… et fierté… et la plus grande des espérances… que je transmets mon royaume et ma couronne à ma fille chérie. Pour un et tous, cher royaume, je te donne (une longue pause ici) Eleria ! »

Comme les acclamations emplissaient l’air, Calanion fit un imposant et large geste avec son bras, tentant de rendre la présentation aussi spectaculaire que la fierté qui le remplissait. Sa cage virevolta, et sa main pointa vers… personne. Qu’est-ce que c’était que cela ? Où était-elle partie ? Là où se trouvait Eleria, un moment plus tôt, il n’y avait maintenant plus rien d’autre que de l’air.

« Euh… Eleria… ? » appela-t-il, avec hésitation. Mais il n’y eut pas de réponse. Le silence tomba sur le parc et la cour. Chacun regardait l’autre nerveusement.

Le vieux Longarn battait des mains de jubilation. Il dansait. Il se félicita d’un rire non contenu. « Quel merveilleux…, cria-t-il là où il était, quel incroyablement éblouissant et talentueux magicien je suis ! » Pour ce qu’il avait fait, bien sur : se débarrasser d’Eleria une fois pour toute.

En un tournemain, rusé et malfaisant, il avait enlevé la vaniteuse créature du palais. Rien d’autre ne restait entre lui et ce qu’il désirait.

Maintenant, il faut savoir que la magie est une chose complexe. Comme toutes les forces dans le monde, elle doit être gardée en équilibre. Aussi sûrement que le jour compense la nuit, et l’été compense l’hiver, un excès de magie positive compense la négative. Pour tout pouvoir offensif ou destructeur, il doit y avoir un acte d’égale bonté ou charité, de crainte que l’équilibre soit rompu, et que les malheurs ne se répandent sur le monde.

Pour chaque magicien noir, il doit y en avoir un blanc. Pour chaque pouvoir de combat ou de destruction, il doit y en avoir un de guérison. Sachez ceci : si tous ceux qui pratiquent la magie ne lançaient rien d’autre que des sorts de guérison, d’horribles et sombres forces se développeraient jusqu’à ce que le chaos et la ruine éclatent et nous recouvrent de mort. Ainsi, les sorts de soins peuvent être brisé par le mal, et le pire des sorts être rompu par la charité. Sachant cela, Longarn avait bien conçu sa vengeance. Pour se débarrasser définitivement d’Eleria (se retenant de la tuer sur le coup), il devait imaginer un sort tellement mauvais qu’aucun acte de gentillesse ne pourrait jamais le briser.

Il retirait des poux de sa longue barbe, un soir, tard, lorsqu’il éclata de rire. Il la transformerait en quelque chose de… répugnant.

« Je la transformerai en grenouille », riait-il. Puis, il fronça les sourcils. Non… cela avait déjà été fait. Les gens pourraient s’en souvenir et fouiller les alentours, comme de stupides idiots, à la recherche de grenouilles, espérant mériter une récompense du roi.

Et alors, un plan brillant lui vint à l’esprit :

« Je la transformerai en une punaise, un insecte… un VER ! » Il faillit s’étouffer avec son vin. « Oh! Parfait… Je la transformerai en quelque chose de tellement répugnant qu’elle passera le reste de sa vie de petit insecte dans la terreur d’être écrasée par la première personne qui la verra. »

Il couina, ses anneaux magiques tintèrent et sa graisse remua. Et même, de rire, il recracha son vin par le nez. « Oh, c’est un plan absolument ignoble… », éructa-t-il de contentement.

Et c’est exactement ce qu’il fit le lendemain, à la cérémonie.

Pendant que le Roi Calanion et ses sujets se grattaient le crâne de perplexité, personne ne vit la petite et grasse larve blanche tomber sur les pavés sous le balcon principal et se blottissant immédiatement, luisante et frissonnante.

Chapitre Troisième

Eleria était terrifiée. Que s’était-il passé ? Bon, elle avait vu suffisamment de la magie de Longarn pour savoir ce qui était déroulé. Mais pourquoi ? Pourquoi lui aurait-il fait cela ? Elle n’eut pas le temps de méditer sur la question : Un gros molosse noir, des centaines de fois sa taille, courrait vers le pavé ou elle se trouvait, et manqua de la gober d’un seul coup de langue. D’une quelconque manière, elle trouva le moyen de se rouler en boule, de se glisser dans une fissure entre les pierres, et ainsi échapper provisoirement à son poursuivant. Son énoooorme gueule bruyante la suivit, bavant et haletant de grands ouragans de son effroyable haleine chaude sur elle. Mais juste comme la langue allait la happer, en direction de l’estomac en attente, le propriétaire du molosse tira un coup sec sur sa chaîne massive et entraîna la bête vers la maison.

Il est vrai qu’Eleria, dans sa vie en tant qu’humaine, se complaisait dans le luxe et n’était pas encline à l’effort, ni vraiment débrouillarde, mais c’était simplement parce qu’elle n’en avait pas besoin. Dans les jours suivants, elle dut découvrir beaucoup des deux en elle. Après l’incident du molosse, elle savait qu’elle devait s’enfuir, loin des gens et des chiens. Elle appris également de quelles sortes de petites créatures les larves de sa sorte dînaient. Elle dormait à l’abri de la vue, sous les feuilles, dans des endroits ou les asticots de son rang ne seraient probablement pas recherchés.

Mais même ainsi, les journées d’Eleria étaient remplies de terreur et de péripéties. Elles étaient rythmées par les faucons le jour, et les chouettes la nuit. Un ours, déchirant un tronc d’arbre pourrissant, gobait par centaines des larves, toutes semblables à Eleria, comme elle pouvait l’observer avec horreur depuis derrière un rocher proche. Le plus petit ruisseau était désormais un énorme et jaillissant torrent, qu’il fallait traverser dans une coquille de noix dans le plus grand des périls.

Eleria passa ces épreuves, parmi beaucoup d’autres, et elle les passa bien.

C’était dans son dixième jour de son triste sort qu’une botte maladroite écarta d’un coup de pied le morceau d’écorce sous lequel elle s’était réfugiée du soleil. Éblouie par la soudaine lumière, elle entendit une exclamation venant de tout en haut. Alors, avant qu’elle ne puisse réagir, deux doigts descendirent du ciel, la ramassèrent et la déposèrent fermement dans un gros poing. Il y a dix jours, Eleria aurait été paralysée par la terreur. Mais c’était il y a dix jours.

Son esprit réfléchissait à toute vitesse :

« Qui est cet idiot maladroit, de toute façon ? pensa-t-elle, et que diable veut-il faire avec une larve de bois ? Au moins, il ne m’a pas écrasée sur place. C’est encourageant, non ? Alors il doit être ici pour me sauver… ».

Elle gigota et se tortilla dans son poing jusqu’à ce qu’elle puisse voir son visage, tout au dessus d’elle, entre deux de ses doigts.

« Urgh! Un barde! Si je vais être sauvée, pourquoi cela ne peut-il pas être par un beau jeune prince ? »

Mais il lui vint à l’esprit qu’elle parlait avec ses anciennes habitudes :

« Je me demande combien de ces dandies auraient survécu à ces dix derniers jours ? » Elle riait, pensant à eux. « Pas beaucoup, je parie. Ceux qui ne se seraient pas pelotonnés et morts immédiatement, maintenant, gémiraient et pleureraient après leur mère. »

Elle regarda à nouveau Fýran. « Bon… peut-être qu’il aurait meilleure mine si je n’étais pas en train de regarder directement dans ses narines. Ouille !… Pourquoi n’est-il pas plus précautionneux avec moi ? »

Et alors apparu à Eleria que, si ce balourd était réellement en train de la sauver, il lui aurait certainement dit quelque chose. « Oh-oh » Le coeur d’Eleria s’emballa, et elle commença à se tortiller furieusement, imaginant les pires de toutes les morts possibles. « Il doit être en train de pécher ! »

Eleria ne pouvait rien faire de plus dans son état actuel… mais elle pouvait crachouiller. Et crachouiller elle fit. En quantités inimaginables pour une si petite larve. Elle crachouilla et crachouilla et crachouilla jusqu’à ce que sa petite bouche de larve soit trop sèche pour un autre crachat. Elle sentit que la main de Fýran se tortillait et pensa : « Ça marche !… »

Chapitre Quatrième

Fýran était presque écœuré. Il était déjà suffisamment dégoûtant d’avoir à toucher cette bestiole visqueuse, mais maintenant c’était une chose suintante et collante, qui devenait vraiment révoltante. Finalement, juste avant qu’il n’atteigne le chêne des rouges- gorges, il ne put plus la tenir davantage. Il s’arrêta et examina la créature dans sa main. Blanche, dodue et brillante, c’était, en vérité, une créature repoussante. Déjà, la pauvre petite chose était ostensiblement terrifiée. Elle fixait le barde avec ce qu’il imagina être de minuscules yeux de larve, suppliante. Fýran pensa à la chenille et au ver de terre, et son coeur céda. Poussant un grand soupir de résignation, il trouva une belle racine propre et plaça la larve dessus.

Et ainsi fut brisé le sort de Longarn, par cet acte de bonté inconsciente.

Personne ne pouvait être plus étonné qu’Eleria lorsqu’elle grandit de manière inattendue jusqu’à atteindre son ancienne taille, excepté peut-être Fýran qui était mort de peur. Il venait seulement de récupérer son souffle quand Eleria reprit ses esprits. Levant son index, avertissant Fýran de ne même pas dire un mot, Eleria saisit la veste du barde pour s’en couvrir, dénudée qu’elle était. Alors, avec les yeux brillants, et avec plus de dignité qu’elle ne pouvait en rassembler, elle retourna à Laeriant, laissant Fýran fixer, bouche bée, son beau visage qui s’éloignait.

Eleria savait qu’elle ne pouvait pas simplement rentrer en ville et se confronter à Longarn. Au moment où il la verrait, il n’aurait qu’à simplement lancer une autre malédiction sur elle. Alors, se déguisant en berger, elle trouva une maison abandonnée dans les landes et commença à faire ses plans. Ce qui se déroula ensuite est un autre conte méritant d’être entendu. Mais c’est un conte pour une autre soirée. En effet, c’est un conte à être raconté durant beaucoup de longues soirées, et beaucoup de bonnes chopes de cervoise.

Et les bébés rouges-gorges ? N’ayant pas d’alternative, Fýran escalada l’arbre et puisa dans son ballot son dernier morceau de mouton, bien gras. Le déchirant en petits lambeaux, il les donna à la maman rouge-gorge, reconnaissante, qui en nourrit sa famille.

Une fois revenu sur le sol, Fýran regarda d’abord vers Erynan, son ancienne destination, alors, avec un large sourire, il se mit en route à la suite de la surprenante jeune femme, pour qui il avait maintenant beaucoup de questions.

« Qui sait… rappela-t-il aux rouges-gorges, c’est peut-être le destin. Et en outre, j’ai besoin de ma veste. »

On l’entendit, tard dans la soirée, au loin sur la route, chantant :

« Oh, les damoiselles de Laeriant vont à la foire… avec des yeux couleur de jade, et des cheveux d’ambre… »

Fin du premier conte…

Lothenon *Pethdan*

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Sindarin – i’lîr Aragorn “La Chanson d’Aragorn”


Dans Les Deux Tours, lorsqu’Aragorn croit tout perdu, voici ce qu’Arwen Undómiel fait naître dans son esprit…

Sindarin :

Uich gwennen na ‘wanath ah na dhín.
An uich gwennen na ringyrn ambar hen.
Boe naid bain gwannathar,
Boe cuil bân firitha.

Boe naer gwannathach…

Traduction :

Vous n’êtes pas lié à la perte et au silence.
Parce que vous n’êtes pas lié aux cycles de ce monde.
Toute chose doit continuer,
Toute vie est destinée à s’éteindre…

Triste vous devez aller…

Quelques clés :

uich, contraction de ú-ich, “tu/vous n’est/êtes pas” [on reconnaît la terminaison en -ch, marque de la seconde personne]

gwenna- verbe signifiant “lier” -> gwennen, “lié”

na, “à, vers”

gwannath “mort, disparition” avec un sens appuyé de disparition, d’évanouissement, de partance, de mort spirituelle, pas forcément matérielle-> ici forme lénifiée : ‘wannath

ah “et”

dîn “silence”, ici formé lénifiée : dhín

an “pour”, mais ayant ici la signification de “parce que”

ringorn, “cerle, cycle”, pluriel ringyrn

ambar “monde”

hen “ce, celui-là”

boe “il faut”, une forme difficile à rendre en français… implique une pression extérieure impersonnelle, on est en quelque sorte poussé naturellement, obligé de faire quelque chose

nâd, “chose”, pluriel naid

bân “tout, en entier”, pluriel bain

gwanna- verbe signifiant “mourir, disparaître, partir” + terminaison -th- du futur + terminaison -r de la troisième personne du pluriel

cuil “vie”

firitha-verbe signifiant “mourir” au sens propre du terme, et aussi “se terminer”

naer “triste, lamentable”

gwannathach “vous devrez partir”, car gwann- a aussi le sens de “partir”

Sindarin – Aerlinn Elendil, “l’Hymne d’Elendil”

Aerlinn Elendil


A Falas athan Gaer ‘Wathui!

A Dôr ias Edhil dhorthar hi!

A Círbann – bar guren velui!

In felf na-falas dringar hi,

i mŷl ‘lain horthar; Orn lothui!

Adui hain palan-diron im

ir cenin Vengîl eriol

or gardh od Annûn annui,

fael or Gondobar-naur lachol,

a laeg or di, buig ar arui.

A Gîl i ‘wath no vroniol

úmarad fired le vi fuin.

Traduction anglaise (texte original de J.R.R. Tolkien):

O Shore beyond the
Shadowy Sea!
O Land where still the Edhil are!
O Haven where my heart would be!
The waves still beat upon thy bar,
The white birds wheel; there flowers the Tree!
Again I glimpse them long afar
When rising west of West I see
Beyond the world the wayward Star,
Than beacons bright in Gondobar
More fair and keen, more clear and high.
O Star that shadow may not mar,
Nor ever darkness doom to die.

Traduction française

O Rivage au delà de la Mer ténébreuse !
O pays où les Elfes sont toujours !
O Havre où mon coeur serait !
Les vagues frappent toujours sur votre côte,
Les oiseaux blancs tournoient; là l’Arbre fleurit !
A nouveau je les entrevois au loin
Quand s’élevant à l’ouest de l’Ouest je vois
Au delà du monde la capricieuse Étoile,
Puis les phares lumineux à Gondobar
Plus beaux et vifs, plus clairs et hauts,
O Etoile que l’ombre n’abîme pas,
Ni même les ténèbres vouées au trépas.

Musique – LaFee – Wer bin ich

Cette voix…

Autant la langue allemande peut être profonde et sauvage, autant… autant peut-elle se révéler douce, mystérieuse et enchanteresse, quoi qu’en disent certaines mauvaises langues… Ces sons forment une mélodie, je commence à découvrir cette nouvelle dimension dans cette langue… j’aime. =)

Savourez…

 

Paroles :

Ich kann nicht schlafen
Mein Kopf ist so randvoll von dir
Kein Mond für uns
Schwarz ist die Nacht
Und du träumst neben mir

Ich bekomm kein Auge zu
Ich hab solche Angst dich sonst zu vermissen
Ich will nicht träumen
Kein Traum kann so schön sein
wie dieser eine Moment

Womit hab ich dich verdient
Bin ich dich wirklich wert

Wer bin ich
Dass gerade ich in deinem Herz bin – warum
Wer bin ich
Dass gerade ich die eine bin die du liebst – warum
Darf ich hier neben dir sein
Warum willst du mich

Vor dir war jeder Tag zu lang
Und jetzt erleb ich jede Sekunde – mit dir
In mir gehn tausend Sonnen auf
Ich bete dass sie niemals
untergehn ohne dich

Womit hab ich dich verdient
Bin ich dich wirklich wert

Wer bin ich
Dass gerade ich in deinem Herz bin – warum
Wer bin ich
Dass gerade ich die eine bin die du liebst – warum
Darf ich hier neben dir sein
Warum willst du mich
Warum bin ich die eine
Warum sagst du mir
Ich liebe dich

Warum bin ich die eine
Warum bin ich die eine
Warum bin ich die eine
Warum liebst du mich

… c’est magnifique…

Enorme délire : les Robins des Bois

Parce que j’aime les Robins des Bois, et surtout ces quelques sketchs… si vous n’êtes pas explosés de rire, c’est que vous êtes pas normal XD…

Alors, en premier, notre cher Merdocu

Ensuite, un petit message de la SDA à-propos de nos amis les poissons rouges [oui, je suis sadique, c'est Mouki qui déteint sur moi... il est ma mauvaise conscience, et fier de l'être en plus ^^]

… le hamster XD

Et enfin, Fri Deh Bi De Uh ^^… trop trop bon aussi ^^

… parce que parfois il faut savoir se détendre entre deux bacs blancs ^^… et quoi de mieux qu’une once de sadisme éclairé ? ^^

L’Art de la Guerre – Stratégies et formations de combat

La formation adoptée au combat diffère selon les circonstance, et l’on montrera, preuve à l’appui, que son choix peut se révéler crucial…

La Bataille de la Dernière Alliance :

I – Le Bouclier Palissade

Thangail en Sindarin, la langue parlée le plus couramment par le peuple d’Elendil. (de thang, bouclier, et cail, désuignant une grille hérissée, une palissade de pieux aiguisés…[forme primitive kegle, venant de keg-, "épine, barbelure", que l'on retrouve dans le mot primitif kegya, "haie piquante", d'où le Sindarin cai... rappelons les Morgai, les Pics Sombres de Mordor...]).

Sandastan en Quenya, signifiant “bouclier barrière”, dérivé des primitifs thandá “bouclier” et stama- “barrer, exclure”…

Il s’agit d’une formation resserrée en bloc, de manière à absorber les coups de l’ennemi… Nulle fuite, nulle esquive, seulement des troupes placées de telle sorte à ressembler à un rocher brisant l’écume… des troupes massées pour moins de pertes… Les piquiers sont placés tout à l’extérieur de la bande, aux côtés des “Hommes-boucliers”, ces troupes massivement protégées de mailles épaisses et de boucliers monumentaux, sortes de boucliers humains sans grande force de frappe, mais très difficile à écraser… Les archers, juste derrière les lanciers, sont ainsi protégés, et plus à même de tirer en continu, bien à l’abris derrière les boucliers… Les flèches ont un rôle important dans cette formation, puisque pendant que l’avant encaisse les coups et réduit les dégâts, l’arrière doit anéantir l’ennemi dès son approche… Dès que l’assaillant parvient à portée de flèche, la marée de traits ne doit pas s’interrompre, tant pour briser l’attaque en cours et supprimer les renforts adverses que pour balayer une éventuelle retraite de l’ennemi…

II – Le Fer de Lance

Dirnaith en Sindarin, en Quenya nernehta, “homme-fer-de-lance”, est une formation en coin, déployée sur une courte distance contre un ennemi en train de se rassembler, mais non encore en ordre de bataille, afin de semer le chaos et le désordre dans ses rangs, ou contre une formation défensive en rase campagne.
Le Quenya nehte et le Sindarin naith s’applique à n’importe quelle formation ou projection s’effilant en pointe : une pointe de flèche, une langue de terre, un coin, un promontoire étroit (de la racine nek, “étroit”); voir le Naith de Lórien, la portion de terre à l’angle du Celebrant et de l’Anduin, où la Communauté et Galadriel prirent leur ultime repas en guise d’adieu, qui au confluent même des deux rivières se fait si étroite qu’on ne peut l’indiquer sur une carte à petite échelle.

Cette formation vise à briser les rangs ennemis, à écarter, diviser les armées de petite taille, et à les détourner de leur objectif, tout en les empêchant de se rassembler et de communiquer pour s’aligner sur des ordres communs…

III – La marée tranchante

Elle se nomme Aegduinen, ou Aigdannen en Sindarin, de aeg/aig, “tranchant” et duinen/dannen “marée” [de duin, "courant", ou danna- "tomber", selon le sens de la marée], et Hócirilanwë en Quenya [de hóciri-, "trancher" et lanwë, "flux et reflux"]

Cette attaque complexe se déroule en plusieurs étapes :

*Les troupes attendent que l’ennemi s’approche assez près;
*Les archers commencent à tirer;
*Les lanciers, épéistes et piquiers s’avancent eux aussi à la rencontre de l’ennemi, de sorte que même si ce premier rang est balayé, l’ennemi mette un certain temps à rejoindre les troupes suivantes;
*Pendant que la première vague combat, les archers et le reste de la troupe s’avancent;
*De nouveaux épéistes s’élancent hors de la formation, toujours en une ligne continue… Soit pour renforcer leurs camarades de la première vague, soit, s’ils ont péri, pour stopper l’avancement ennemi;
*La seconde attaque ennemie est lancée;
*Cette seconde vague est stoppée ou ralentie;
*Au fur et à mesure, l’on voit bien que le centre du combat, la zone de rencontre des troupes amies et ennemies bouge : la zone d’affrontement se rapproche de plus en plus de l’ennemi, qui ne le remarque pas forcément tout de suite…
*À force d’avancer, les troupes amies parviennent presque à portée des ennemis;
*À ce moment précis, tous les épéistes en réserve s’élancent et balayent la vague de l’ennemi;
*Cela occupe l’ennemi, et pendant ce temps-là, les archers amis avancent eux aussi, et tirent sur l’ennemi, qui se trouve sous une double attaque : une marée immédiate, et un feu lointain…
*L’ennemi est débordé par deux feux : S’il s’avance pour contrer l’offensive des épéistes, il devient encore plus vulnérable aux flèches des “gentils” ^^… mais s’il tient position, c’est la marée qui le prendra au cou, avant même qu’il n’ait pu adopter une formation défensive…
*C’est ainsi qu’un assaillant peut se retrouver assailli, et une armée bien organisée menée d’une main de maître, se déplacer au compte-goutte et parvenir aux portes de son ennemi…

Cette formation est efficace, notamment si l’ennemi ne s’en aperçoit pas… mais elle exige rigueur et coordination, et ne peut donc être maîtrisée totalement que par des Elfes ^^…
Le chef des troupes doit avoir une vue d’ensemble de ses troupes et de l’avancement général du combat, tout en veillant à garder l’offensive lorsqu’il l’a obtenue, sinon tout est perdu…

C’est la technique adoptée lors de la Bataille de la Dernière Alliance, qui permit à l’Alliance de repousser les Orques de Sauron jusqu’aux racines de la Montagne du Destin…

On voit très bien sur cette photo comment les épéistes en première ligne sont chargés de briser la première vague, tandis que les archers en retrait ne cessent leurs tirs…

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Musique – Celtic Woman – The Voice

Cette chanson est tout bonnement sublime… une mélodie enchanteresse et une voix féérique… quelle voix ! <3

Il s’agit donc de The Voice, de l’album ‘A New Journey’ de Celtic Woman… une nouvelle drogue pour tous ceux qui aiment la musique irlandaise !! =)

Paroles :

I hear your voice on the wind
And I hear you call out my name

‘Listen my child’ you say to me
‘I am the voice of your history
Be not afraid, come follow me
Answer my call and I’ll set you free

I am the voice in the wind and the pouring rain
I am the voice of your hunger and pain
I am the voice that always is calling you
I am the voice, I will remain

I am the voice in the fields when the summer’s gone
The dance of the leaves when the autumn winds blow
Ne’er do I sleep throughout all the cold winter long
I am the force that in springtime will grow

I am the voice of the past that will always be
Filled with my sorrow and blood in my fields
I am the voice of the future
Bring me your peace
Bring me your peace and my wounds, they will heal

I am the voice in the wind and the pouring rain
I am the voice of your hunger and pain
I am the voice that always is calling you
I am the voice

I am the voice of the past that will always be
I am the voice of your hunger and pain
I am the voice of the future
I am the voice
I am the voice
I am the voice
I am the voice’

… et pour l’occasion, un ptit truc vite fait mal fait par moi ^^ :

Textes – La Flamme du Désert [II,3]

La Flamme du Désert

II, 3

Je n’aurais peut-être jamais vagabondé dans le Désert d’Ali’karr si je n’avais rencontré Gwetharn dans une petite taverne de Pellardur.

Gwetharn est un poète alikarrim dont j’avais lu les vers, mais seulement en traduction. Il a choisi d’écrire dans l’ancien langage des Alikarrim, et non en Falathren, le “Langage Commun” officiel de l’Empire. Je lui en demandai ce soir-là la raison. Désignant un des plats disposés sur sa petite table, il sourit :

« Le mot falathren pour cette variété de fromage divinement riche de moisissure, soyeuse, faite de lait de chèvre caillé et pressé est… niénityur » me répondit Gwetharn, un large sourire s’épanouissant comme une fleur sur son visage tanné. « L’ancien mot alikarrim pour cela est mluuluo. Dis moi, si tu étais un poète maîtrisant les deux langages, lequel choisirais-tu ? » Et le poète de partir d’un rire qui ne pouvait être que celui d’un homme au coeur bon et franc.

« Je suis un Ali’karran. Dans votre langue « civilisée », nous sommes les Alikarrim, ou Lithëgwaith, le Peuple du Sable. Même dans votre langue, nous restons homonymes à notre terre, l’infini Lithëgwaith, le Désert de Sable… nous sommes sa propriété, ses fils. »

Cet homme à la peau foncée m’intriguait ; sans doute réservait-il encore nombre de mystères.

Je suis un enfant de la ville. Je le lui contai donc des histoires de vacarme et de corruption, de nuits meurtrières et de gloire, de culture et de décadence. Il m’écoutait, avec une gratitude mêlée de stupéfaction, parler de ma ville natale : la Capitale impériale de Minas Ivor, toute de marbre blanc pavée, où tous les citoyens sont convaincus de leur importance, à cause de la proximité de l’Empereur, et de la splendeur des rues. Ont dit qu’un mendiant, sur les boulevards de la Cité de Cristal, vit comme un noble dans son palais.

En même temps que de bière, je régalais Gwetharn des descriptions du marché animé de Círbann Tiras ; de la ville sombre et agitée de Mâr Lîth ; des demeures richement ornées de Dol Amroth ; des magnifiques – et dangereuses – allées de Kun Anyam ; des avenues droites de la grande, vieille Eregond.

Devant tout ceci, il s’émerveillait, me questionnait, et commentait.

« Il me semble que je connais votre patrie, le Désert d’Ali’karr, grâce a vos poèmes, même si je n’y suis jamais allé, lui dis-je.

- Oh, mais tu as tort. Aucun poème ne peut exprimer l’Ali’karr. Ils te prépareront cependant bien mieux à une visite que n’importe quel guide ne le pourra. Mais si tu veux connaître Elenardh et être un vrai habitant de cette planète, tu dois aller et ressentir le désert par toi-même. »

Il me fallut plus d’une année pour rompre tous mes engagements, économiser de l’argent (la plus dure de ces épreuves), et quitter la vie urbaine pour le Désert d’Ali’karr. J’emportai avec moi plusieurs recueils des poèmes de Gwetharn en guise de guide de voyage.

« Une flamme sacrée s’élève au dessus du brasier ;

Les spectres de puissants hommes et femmes errent sans nom.

Des cités mortes s’érigent et choient dans la marée ;

La chanson incomprise de la Révélation est récitée

Entre les murs embrasés et rochers éternels,

Sous les sables ardents qui guérissent et détruisent. »

Ces six premiers vers de « L’Immortalité de la Poussière » m’avaient préparé à la première vision que j’eus du Désert d’Ali’karr, bien qu’ils lui rendent difficilement justice. Mon humble plume ne peut reproduire l’austérité, l’immensité, le caractère à la fois éphémère et rémanent de l’Ali’karr.

Toutes les frontières et les bornes que les nations ont placées sur cette terre se dissolvent sous les sables mouvants du désert. À aucun moment je ne savais si j’étais en Bellakar, en Lurmsakûn ou en Arysis, et peu d’habitants auraient pu me le dire. Pour eux, tout comme plus tard pour moi, nous étions simplement en Ali’karr. Non. Nous faisions partie de l’Ali’karr. C’est plus proche de la philosophie des gens du désert.

Je vis la flamme sacrée dont parlait Gwetharn dès ma première matinée dans le désert : une vaste brume rougeâtre qui semblait provenir des plus profonds mystères d’Elenardh. Bien avant que le soleil soit au zénith, la brume avait disparu. Puis je vis les cités de Gwetharn. Les ruines de l’Ali’karr surgissent du sable sous l’effet d’une bourrasque de vent et sont recouvertes par la suivante. Rien ne dure dans le désert, mais rien ne disparaît pour toujours.

Pendant la journée, je me cachais à l’abri des tentes bariolées, et pensais au trait de caractère des Alikarrim qui les avait fait adopter cette terre, sauvage et éternelle. Ce sont des guerriers par nature. En groupe, personne ne les égale. Rien pour eux n’a de prix s’ils n’ont dû se battre désespérément pour l’obtenir. Personne ne les a jamais défiés pour la possession du désert, mais l’Ali’karr lui-même est un ennemi redoutable. La bataille est permanente. C’est une guerre sans rancune, une guerre sainte, dans le sens que ce mot devrait toujours avoir.

La nuit, je pouvais contempler la terre dans sa relative sérénité. Mais ce calme était superficiel. Les pierres elles-mêmes brûlent avec une chaleur et une lueur qui ne proviennent pas de la Soleil, pas plus que des Lunes Ithil et Elassia. Le pouvoir des pierres vient des battements du coeur d’Elenardh lui-même. J’ai compris que ce pouvoir qui pénètre l’âme est ce que les Alikarrim nomment « la Flamme du Désert », à la fois feu et pierre, vie et destruction, solitude et profondeur.

Je passai deux ans en Ali’karr.

Alors que j’écris ceci, je suis de retour à Pellardur. Nous sommes en guerre avec le royaume de Bellakar pour la possession d’un rocher couvert d’herbe qui appartient aux eaux de la Mer Crépusculaire, du nom de Tol Uialgaer. Tous mes amis poètes, écrivains, et artistes sont découragés par l’avidité et l’orgueil qui ont poussé tous ces hommes dans la bataille. C’est une période difficile, une tragédie. Dans les mots de l’ancien Ali’karran, un ajakea, une « spirale descendante ».

Et pourtant, je ne ressens pas de tristesse. Durant tous les mois passés face à la gloire de l’Ali’karr, j’ai vu les pierres éternelles qui perdurent alors que les hommes meurent. J’ai trouvé ma voie intérieure dans ce territoire intraitable, mystérieux, figé et mouvant à la fois. L’inspiration et l’espoir, comme les pierres du désert, sont éternels ; mais les hommes ne le sont pas.

Lothenon *Pethdan*

Protégé : Textes – La Légende du Prince des Voleurs [II,3]

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Musique – Spellforce : Breath of Winter

Voici tout l’album de soundtrack du jeu Spellforce : Order of Dawn, et plus particulièrement son expansion, Breath of Winter

Droguez-vous sans limite…

!!! Cenwen !!!

Enchanted Plains

Grims Betrayal

!!! Mirraw Thur !!!

Freeing of Fial Darg

! The Nevershade Frontier !

Into the Abyss

Claiming the Shadow Blade

Attack on Fastholme

!!! Tirganach !!!

!! Master of the Runes !!

Winter Deep

Lost in the Cold

Aryns Battle

!!! Credits – Cenwen version instrumentale !!!

!! Return of Cenwen !!

Bonus :

The Order of Dawn

Era of the Orcs

Sharrowdale

… alors, c’est-y pas magnifique tout ça ?