Noirceur…

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“…je soufre, je marche, comme l’humanité, toujours plus proche de ma rencontre finale avec ma destinée, partant du péché pour aboutir à la béatitude. Je porte ma propre faute d’un signe gravé en mon coeur, je porte à ma façon ma croix si lourde. Les légendes que l’on colporte font de moi l’être qui sait tout. Il n’en est rien. L’avenir ne cesse de changer, imprévisible, incertain et pas toujours source d’espoir… J’ai d’ailleurs bien du mal à me faire une vision claire et sans ambiguité de moi-même. Alors le reste…”

*

Artisan… de mots ?

Comme certains caressent la pierre,

modèlent l’argile,

…le bois… ou le métal

ou bien encore comme tous ceux qui usent de leurs mains pour faire naître la beauté à partir de rien…

je suis un artisan

 

 

…je me sers de mes mains pour travailler les mots,

dessiner de ma plume…

Des mains pour créer, pour toucher l’essence des mots… pour façonner des rêves…

…des mains plus précieuses que des yeux…

Car même aveugle, l’on peut encore créer

puis offrir…

Offrir, donner… oui, donner…

 

Inventer, réinventer, façonner puis détruire… remodeler, perfectionner, lisser, rendre doux

tout en gardant une part de sauvage

d’indompté

de mystérieux…

 

Un simple artisan…

Si peu…

Mais… tellement…

Oui, tellement…

Un pouvoir, celui de créer…

Un geste, celui d’écrire…

Angoisse et frénésie

Bonheur et frustration…

 

ArtisanArtiste ?

Certains s’approprient ce second mot comme un titre de noblesse…

… d’autres non.

Car si un bon artisan se doit de posséder une part d’artiste

…une sensibilité et une hauteur d’esprit…,

il est improbable pour un artiste de créer sans artisanat…

L’Artisan… qui caresse et modèle à l’image de ses rêves…

Amoureux des choses simples et belles de tous les jours…

 

Du levain du boulanger aux joyaux des orfèvres,

De l’épée du forgeron aux rimes du troubadour,

Tous ont une âme unique…

Comment pleurez-vous ?

Sanglots? Visage déformé par la douleur? Effondré(e) sous le poids des larmes? Agonisant parce que vos sanglots, coincés dans votre gorge, vous étouffent ?

Moi non, c’est simple… sobre… les yeux qui se ferment et deux grosses larmes bouillantes qui coulent le long des joues… pas de soubresaut, pas de terrible cri déchirant, non… rien de plus…

Ce qui me fait peur…

Peu de choses me terrorisent réellement, mais elles le font bien… ^^

Trois choses, pour être précis :

Que je ne puisse plus aider les gens que j’aime, que je n’arrive plus à redonner espoir… (déjà le fait de réaliser que je ne pouvais pas aider tout le monde à moi seul, c’était un coup dur, et un rappel constant) et aussi que j’en revienne à constater qu’en pensant faire le bien, je fais le mal, et qu’en créant, je détruis…

Ça peut paraître ridicule, mais l’une des choses les plus terrifiantes qui soient au monde pour moi, c’est la routine : faire tous les jours la même chose, recommencer les mêmes gestes, redire les mêmes choses, à l’infini, comme pris dans un tourbillon sans fin, psychédélique et bourreau de la raison, c’est AFFREUX, TERRIBLE, TERRORIFIANT (comme dirait Yann ;) )… déjà, aller au bahut, dire salut à tout le monde en entrant dans la cour comme tous les jours de l’année, entendre l’appel, manger, puis rentrer, etc… c’est à en devenir FOU pour moi… j’ai besoin d’imprévu, de surprises, de piment, même en mal : je préfère cent fois une journée horrible mais qui a eu le mérite d’être pour le moins inattendue à une simple journée comme les autres, anonyme, vide, grise… C’est peut-être la peur de l’anonymat, de l’oubli, qui sommeille en tout homme, qui ressurgit ? mais pas seulement : je suis littéralement pétrifié à l’idée d’être puni plus tard, à devoir faire un métier répétitif, etc… c’est pour ça que l’imprévu est une part importante de ma personnalité… je suis mystérieux, oui, mais aussi impétueux, et donc imprévu… vous aurez donc compris que pour moi, la pire torture sont ces rêves où vous êtes condamnés à l’éternité, à faire la même chose à l’infini… ou bien ces cauchemars où l’on se réveille, puis l’on se re-réveille, etc… c’est affreux, tout bonnement horrible…

Et la dernière chose, qui me terrorise tout à fait, c’est de réaliser un jour que je ne reconnais plus mes propres enfants, mes proches, que j’ai perdu toute mémoire : la sénilité… je veux mourir d’une mort noble AVANT ce jour précis… vivre suspendu au bout de tuyaux d’oxygènes, ne reconnaissant plus tous ces visages au-dessus de votre lit, pourtant autrefois familiers… ne plus savoir qui l’on est, ce que l’on a vécu… c’est atroce… pour moi, à ce moment-là, on n’est plus en vie… c’est sans doute cruel, ce que je dis, mais c’est la vérité : mourir en emportant ses souvenirs, sa part d’éphémère, en pleine connaissance de cause, ça c’est beau, honorable… mais partir sans même savoir qui l’on est, à demi-mort, dans le doute, ça fait froid dans le dos… L’honneur, pour moi, ce serait de ne pas s’accrocher à la vie inutilement, savoir lorsque l’on a fait son temps, que l’on n’est plus de ce monde… se laisser partir, sans déchirement, avec l’esprit apaisé… en accord avec la mort, avec les cycles du monde… contrairement à l’immense majorité, qui, terrifiés, se voient emportés de force, qui se retiennent, s’agrippent à ce qui leur reste de vie… non, car alors à ce moment-là, on subit la mort, plutôt que de se laisser accompagner… ai-je tort?

C’est pour cela que dans mon livre, les Hommes Moindres ont une durée de vie de plus en plus courte, car, devenus avides de vie autant que de richesses, ils s’efforcent désespérément d’allonger leur existence, de force, plutôt que de profiter de ce qui leur a été concédé… si la nature en a décidé ainsi, il faut respecter ses devoirs… alors que les Rois de jadis, forts et sages, savaient lorsque leur règne était révolu, et aillaient offrir la couronne à leur aîné, puis partaient s’allonger, et se laisser emporter, en toute confiance et sérénité : les cycles du monde étaient en accord avec eux, et ne pouvaient donc leur offrir que du bien… La leçon ? être en accord avec la nature et ses lois pour qu’elle vous respecte autant que vous la respectez…

À quoi ça sert l’amour ?

Voici une vidéo que j’aime bien… une belle histoire, si commune, mais qui rappelle avec humour et légèreté que l’amour, comme la vie, est la meilleure et la pire des choses… ça dépend de la façon dont on subit le monde… dont on le voit… et dont on l’apprécie…

 

-> Cube-creative <-

(y’a toujours de magnifique animations sur ce site :D )

Dessiner : questions de style…

lorsqu’il s’agit de dessiner des personnes jeunes, j’utilise plutôt le genre “manga” soft… il faut dire que les nez “réalistes” ne sont pas toujours faciles à dessiner… ;D… alors que pour des gens plus âgés, ces traits sauvages et assez vifs conviennent moins… par exemple, l‘Elfe au bijou et Merilin i Fíriel ne s’inscrivent pas dans la même continuité que la plupart des jeunes filles que je dessine habituellement…
En effet, je me concentre avant tout sur les visages, privilégiant l’éloquence des yeux, simplifiant le nez, traçant rapidement la bouche et l’oreille, mais prendre tout mon temps pour obtenir la bonne courbe de visage… c’est le plus important chez moi… ensuite viennent le tombé des épaules, sans bien sûr oublier les cheveux… ah, les cheveux Very Happy… ^^ le reste du corps est souvent simplifié; sauf lorsque je tiens à faire un personnage en entier…
Bien évidemment [et ce malgré les apparences ^^] mes croquis ne représentent pas QUE des jeunes filles, bien entendu… ^^… même si c’est mon sujet de prédilection (eh oui, il faut bien avoir des modèles adéquats, non? ^^), je dessine des paysages (un peu moins, ces temps-ci…), des grands arbres et maintes armes…