Contes des Jours Anciens – La Fortune du Voleur – Se ēad þæs sceaðan

… un petit conte romantique, et avec plein de saxon en plus =)…

… pour une fois que j’en suis presque satisfait !

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La Fortune du Voleur

Se ēad þæs sceaðan

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~Contes des Jours Anciens~

~ þá Losod Talu þára Ealddaga ~

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par Wrítere Spermann, scribe de la cour de Sǽburg, capitale du Sceaðland

Heorr Fyxen était le plus grand propriétaire terrien de Stréamford et, au cours des années, il avait amassé une énorme dot pour l’homme qui épouserait sa fille, Geomora. Quand elle atteignit l’âge du consentement, il fit transporter son or dans un endroit où il serait sous bonne garde et annonça son intention de marier sa fille. Athlète accomplie et très instruite, cette dernière était certes très charmante, mais aussi sérieuse et austère. Ces mauvais côtés ne découragèrent pas ses prétendants qui ne furent pas davantage impressionnés par ses qualités. Et tout le monde savait que le futur époux toucherait une énorme dot. Cela suffit pour motiver plusieurs centaines de prétendants, venant de toute la Côte de Cristal, le Glæsríma, se rendent à Stréamford afin de faire la cour à la jeune fille.

« L’homme qui épousera ma fille ne doit pas le faire par cupidité, dit Fyxen à l’assemblée. Il doit apporter la preuve de sa propre fortune et cela doit me convenir. »

Cette seule phrase élimina une grande partie des prétendants, qui savaient que leur maigre fortune ne pourrait impressionner le propriétaire terrien. Plusieurs douzaines d’entre eux, accompagnés de serviteurs exotiques, se présentèrent en quelques jours, revêtus de vêtements de seolc brodés d’argent et voyageant dans de magnifiques attelages. Mais de tous ceux qui vinrent solliciter la main de la jeune femme, aucun ne fut plus éblouissant que Welýn Nerilisc. Le jeune homme, dont personne n’avait jamais entendu parler, arriva dans un chariot d’ébène sculpté, tiré par deux dragons. Ses vêtements étaient taillés dans les plus précieuses matières et il était accompagné de la plus fantastique armée de serviteurs qu’on ait vue à Stréamford : des valets avec des yeux au regard ardent et des servantes qu’on aurait dit faites de gemmes.

Mais cela ne suffisait pas à Fyxen.

« L’homme qui épousera ma fille doit se montrer intelligent car je refuse d’avoir un ignare comme beau-fils et comme partenaire commercial », déclara-t-il.

Cela élimina une grande partie des riches prétendants qui, grâce à leur luxueuse vie, n’avaient jamais eu besoin de beaucoup réfléchir. Il en arriva pourtant d’autres au cours des jours suivants qui firent la démonstration de leur intelligence et de leur culture en paraphrasant les grands sages du passé et en livrant leurs idées métaphysiques, philosophiques et alchimiques. Welýn Nerilisc se présenta lui aussi devant Fyxen, et lui proposa de venir dîner dans le manoir qu’il avait loué à l’extérieur de Stréamford. Là-bas, le propriétaire terrien vit des dizaines de scribes en train de traduire des textes rómánisc et se délecta de l’intelligence irrévérencieuse mais intrigante du jeune homme.

Bien qu’impressionné par Welýn Nerilisc, Fyxen lança un autre défi.

« J’aime énormément ma fille, dit-il. Et j’attends de l’homme qui l’épousera qu’il la rende heureuse. Si l’un d’entre vous la fait sourire, elle sera à lui ainsi que la dot. »

Les prétendants défilèrent pendant des jours. Ils lui chantèrent des chansons, ils proclamèrent leur amour, flattèrent sa beauté avec des poèmes. Geomora se contentait de les regarder avec haine ou mélancolie. Fyxen qui se tenait à ses côtés commençait à désespérer. Les prétendants échouaient tous, les uns après les autres. Enfin, Welýn arriva.

« Je ferai sourire votre fille, dit-il. J’irai même jusqu’à dire que je vais la faire rire mais uniquement une fois que vous aurez accepté de nous marier. Si elle n’est pas ravie dans un délai d’une heure après notre engagement, le mariage pourra être annulé. »

Le vieil homme se tourna vers sa fille. Elle ne souriait pas mais ses yeux brillaient d’une curiosité malsaine pour ce jeune homme. Aucun autre prétendant n’étant arrivé à ce résultat, il accepta.

« Naturellement la dot ne vous sera pas versée avant votre mariage, dit Fyxen. Un engagement ne suffit pas.

- Puis-je tout de même voir la dot ? » demanda Welýn.

Conscient de la renommée de son trésor, et du fait que ce jeune homme risquait de ne jamais le voir d’aussi près, Fyxen accepta. Il s’était pour ainsi dire attaché à Welýn. Ce dernier, Fyxen et Geomora descendirent dans les profondeurs du château de Stréamford. Peu après avoir passé le seuil de la cave, ils parvinrent à une lourde porte en métal, sans poignée. Le vieux marchand se dirigea vers le mur humide et enfonça une des pierres de la paroi, semblable à toutes les autres, qui ouvrit le passage. Un grand escalier s’étendait là, qui menait dans l’ombre. Plus loin se dessinait l’embrasure d’une autre porte.

La salle forte s’ouvrait en appuyant sur une série de symboles runiques : si on se trompait dans l’ordre des runes, une pluie de flèches empoisonnées venait frapper le voleur. Fyxen était particulièrement fier de son ultime système de sécurité : une serrure composée de lames avec dix-huit gorges de serrures nécessitant trois clefs qu’il fallait tourner simultanément pour réussir à entrer. Les lames étaient prévues pour éviscérer ceux qui tentaient de crocheter une serrure. Ils arrivèrent enfin à la chambre forte.

Elle était totalement vide.

« Par Ungesǽlig, nous avons été volés ! cria Fyxen. Mais comment ? Qui peut avoir commis un tel acte ?

- Un humble mais, si je puis me permettre, talentueux voleur, dit Welýn. Un homme qui aime votre fille depuis des années mais qui n’a ni le prestige ni les connaissances pour impressionner. C’est-à-dire jusqu’à ce que l’or de la dot m’en donne les moyens.

- Vous ? » beugla Fyxen qui n’arrivait pas à y croire.

Puis il se produisit quelque chose d’encore plus incroyable.

Geomora éclata de rire ; elle n’avait jamais espéré rencontrer quelqu’un comme ce voleur. Elle se jeta dans ses bras sous le regard outragé de son père, qui, peu après, se mit à rire aussi.

Geomora et Welýn furent mariés en moins d’un mois. Bien que le garçon soit assez pauvre et peu instruit, Fyxen fut surpris de constater que sa fortune ne cessait de croître avec ce beau-fils et partenaire commercial. Il s’assura uniquement de ne jamais lui demander d’où sortait tout cet or…

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Notes du traducteur :

Welýn Nerilisc, sous tous ses -nombreux- noms, est un personnage populaire dans la mythologie des tribus qui affluèrent en Englaland et Scotland depuis les terres de Norðweg. Dans cette histoire et dans d’autres, il l’emporte toujours grâce à son intelligence et à ses talents. Le fait qu’ici Fyxen jure en invoquant le dieu manipulateur Ungesǽlig démontre le respect que les Sceaðrige avaient pour les duperies intelligentes.

L’aspect romantique de cette histoire la rend assez unique : Welýn ne vole pas pour le profit, mais pour gagner la main d’une femme. Il est rare que les récits du peuple Sceaðrige parlent d’amour comme facteur de motivation. Si ces individus pragmatiques pouvaient apprécier un voleur talentueux, il n’en allait pas forcément de même pour les raisons qui le motivaient.

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Note de l’auteur :

Les Sceaðrige sont une peuplade qui, dans mes Contes des Jours Anciens, compte plusieurs tribus de nobles voleurs et brigands, qui malgré leur plaisir à piller restent emplis d’honneur et de spiritualité.

Les Sceaðland seraient-elles les actuelles îles Shetlands ? Cela se pourrait, car ces îles, d’abord peuplées par les Pictes des Dúnland du Sud de l’Écosse, furent ensuite habitées par les descendants des pillards vikings venus du Nord, amenant leur fière culture et leur art de la guerre, la Gúðlár

De plus, cet archipel était appelé les Innse Cat en vieux gaélique, ce qui sgnifie « les Îles du Peuple des Chats »… or, les chats ne sont-ils pas l’éternel emblème des voleurs, agiles, subtiles et discrets ? Les Sceaðrige seraient-ils, dès lors, des héritiers à la fois du Caithness, des Sutherlands et de l’antique Norvège ?

Quand on sait que l’origine du mot Shetland est le mot scandinave Hjatland qui signifie « hautes terres », pour évoluer ensuite en Hjetland (Hj étant la lettre vogh ; ce Hj a été changé en z et le z altéré en sh, ce qui donne Shetland), le mystère ne fait que s’épaissir…

La devise moderne des Shetlands est eð lögum skal land byggja. Cette devise vient du vieux norrois et signifie : « le pays doit être bâti avec des lois »

Celle du vieux Sceaðland est : þæt land sceal béon arǽrt fram rihte, qui diffère un peu de par son sens : « le pays doit être bâti avec justice/droit/droiture/honneur ». Le mot « lögum » serait-il alors une altération sens originel, au contact du latin ? Qui sait…

 

Lothenon *Pethdan*,

Se Wordsmið thæm Losod Talum

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Explications de l’anglo-saxon :

désolé, les tableaux merdent vraiment sur WordPress en ce moment… :/

au pire, contactez-moi si vous êtes intéressé par ces explications saxonnes…

Saxon Anglais moderne Allemand Français
wrítere writer Schreiber écrivain, scribe
spere spear Speer pique, hallebarde
mann man Mann homme
spermann spearman Speermann piquier
sǽ sea See mer
burg burg, town, stronghold Burg bourg, cité, forteresse
Sǽburg Seaton Seeburg -
Sceaða thief, warrior, criminal, miscreant Dieb, Krieger, Straf, Schurke voleur, guerrier, criminel, mécréant
-rige -ians -ern -ains
Sceaðrige people of Sceaðland Folk dem Sceaðland peuple des Sceaðland
land land Land terre, pays
Sceaðland Sceaðland Sceaðland Sceaðland
heorr sir, nobleman Herr sieur, noble
fyxan foxlike füchslich tel le renard
stréam stream Strom, Strömung flot, ruisseau
ford ford Furt gué
Stréamford Streamford Stromfurt -
geomor sad, serious traurig, schwierwiegende triste, sérieux
Geomora Melancholia Melancholie Mélancolia
glæs glass Glas verre
ríma coast Küste côte
Glæsríma Glassy Coast Gläsernen Küste Côte de Cristal
seolc silk Seide soie
nerian save, protect schützen protéger, épargner
-li(s)c -ing, -lish, -ive -lig, -lich, -nde -
Nerilisc protective schützende protecteur
rómánisc roman Römer romain
ungesǽlig acursed verflucht maudit
Englaland England England Angleterre
Norðweg Norway Norgwegen Norvège
dún down unter, nieder bas
Dúnland Downland, Lowland Niederland Basse-terre
gúð battle, war Schlacht, Krieg bataille, guerre
lár lore Tradition tradition, enseignement oral
gúðlár battlelore - -
sceal should sollte doit, devrait
béon be sein être
arǽran build up, rise aufbauen, aufsteigen construire, ériger
fram by, from von, aus par, de
riht right, law, rule, justice, honour Recht, Gesetz, Herrschaft, Gerechtigkeit, Ehre droit, loi, règle, justice, honneur

Contes des Jours Anciens – La Pluie de Stonebridge – Se Regen Stánbrycges

Voici un petit récit d’esprit celtique, puisque tous les noms sont en saxon [c'est que je m'y suis mis sérieusement !], presque un conte pour enfants, mais qu’à cela ne tienne, vous êtes de grands enfants aussi =)

[c'est un cadeau de nouvelle année, mais faut pas le dire, chut ! ^^]

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La Pluie de Stánbrycg

Se Regen Stánbrycges

The Rain of Stonebridge

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~ Contes Perdus des Jours Anciens ~

~ þá Losod Talu þára Ealddaga ~

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(Extrait de La Chute du Chevalier, récits d’héroïsme et de chevalerie, éditée par Cíepemann Roddanius)

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La légende de Blíþweard Fréadryhten,

contée par Wídfarend Frodweald, écuyer et ami.

 

*

Un mois avant la récolte, pas le moindre épi digne de ce nom ne pointait dans les champs de Stánbrycg Feldan, malmenés par la sécheresse. Vingt-sept familles au ventre creux se tournèrent alors vers leur seigneur, qui s’était toujours montré d’un grand soutien dans les moments difficiles. Ce n’est pas d’une main de fer que cet homme dirigeait ses terres, mais d’un coeur tendre : il s’agissait de mon seigneur Blíþweard Fréadryhten, chevalier errant des landes isolées de Stánbrycg.

*
Je regardais tristement mon seigneur Blíþweard qui contemplait les champs desséchés du haut de son frêle donjon. Il maudissait le sort qui s’en prenait au ciel et privait les terres de pluie. Les familles dont il avait la responsabilité ne passeraient pas l’hiver, toujours froid et rigoureux dans ces régions septentrionales des Beorgland. Ses propres réserves de céréales étaient maigres. Il lui restait à peine de quoi vivre pour les mois à venir. Je sais que si mon seigneur avait eu de la nourriture, il aurait été heureux de la partager, permettant à son peuple de le rembourser de quelque manière que ce soit, quand il le pourrait… Et aux plus nécessiteux, il aurait même donné de la nourriture sans rien attendre en retour.

*

À présent, il fallait réagir. Et vite.

*
Blíþweard n’épargna pas le moindre penning. Il fit appel aux sages les plus réputés et dépensa tout ce qui lui restait dans des céréales qu’il acheta aux domaines voisins. La famine n’était pas, là-bas, mais les marchands n’accordèrent pas à Blíþweard autant de céréales qu’il l’eût souhaité, même en l’échange de tous les scillings du trésor, à sec depuis longtemps.

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Un mois passa. Rien de nouveau sous le soleil. Le souffle glacé de l’hiver allait bientôt balayer le bourg de Stánbrycg, le dépouillant du peu de verdure qui subsistait encore. Les familles devraient se serrer au coin du feu pour ne pas mourir de froid ; il leur faudrait rationner le peu de nourriture que le seigneur Blíþweard avait pu leur offrir. Je voyais la patience de mon seigneur, qui semblait pourtant sans limites, s’user peu à peu. Il m’avoua qu’il envisageait même de vendre son donjon, ses biens, tout… pour garder ses gens en vie. Si seulement les récoltes étaient meilleures, ils seraient sauvés.

*
Puis, comme si Hælocwén Déesse de la Chance elle-même avaient exaucé les prières de mon seigneur, un sage ouvrit la porte du donjon de Blíþweard… avec la réponse à ses questionnements. Selon une légende, il existerait un vase qui fournirait de l’eau sans fin, l’Aiguière d’abondance. Certains racontent que les dieux eux-mêmes l’auraient créée. D’autres pensent qu’un puissant sorcier l’aurait enchantée. Peu importe, Blíþweard savait que cela pourrait sauver la province. Après avoir écouté les explications du sage, mon seigneur et moi-même partîmes en quête de la fameuse aiguière pour faire tomber la pluie à Stánbrycg.

*
Nous voyageâmes plusieurs jours avant d’atteindre l’entrée dudit lieu, non loin du Fyrgenstréam. Une grotte creusée dans le flanc d’une montagne conduisait à une petite clairière. Au coeur de la clairière, flanqué de deux pierres levées, s’élevait un autel. Et sur l’autel, trônait l’Aiguière d’abondance, dont semblait émaner une lumière intérieure. Taillé dans le cristal, ce vase était le plus bel objet qu’il m’ait été donné de voir. De l’eau en débordait mais, comme le disait la légende, le niveau ne baissait jamais. Impatient de regagner son domaine, Blíþweard se saisit de l’Aiguière. Soudain, le sol se mit à trembler comme si les montagnes manifestaient leur profonde colère. Le ciel bleu se chargea d’ombres menaçantes. Mêmes les arbres de la clairière se pliaient comme pour s’éloigner de l’autel, dans la crainte des événements à venir. Soudain, une des pierres levées se fendilla puis explosa. Je restai pétrifié à la vue du gardien de la clairière. Une créature immense, qui semblait taillée dans le même cristal que l’Aiguière… La créature s’approcha d’un air menaçant de mon maître. L’air autour de lui devint glacé comme s’il soufflait des glaciers du nord. C’était un être de glace… un être vivant, qui respirait… fait de glace !

*
Blíþweard m’exhorta à m’enfuir alors qu’il dégainait son épée. Tout en tenant l’Aiguière dans une main, il décocha un coup puissant à la créature de glace. Lorsque la lame d’acier atteignit sa cible, un bruit retentissant se fit entendre. La créature fut à peine touchée, comme le plus dur des rochers frappé par une simple pointe. Sans laisser transparaître la moindre peur, mon seigneur frappa et frappa encore, chaque coup rebondissant sur le géant qui ne subissait pas le moindre dommage. Puis, un coup unique et puissant de la créature de glace assomma mon seigneur. Sa lame glissa. Il gisait sur le sol, le regard plongé dans les yeux cristallins de son meurtrier. La créature de glace leva encore une fois le bras pour asséner le coup fatal à Blíþweard.

*
Je ne saurais dire pourquoi. L’instinct peut-être. Une absence… Mais mon seigneur se mit à genoux et leva l’Aiguière d’abondance en guise de bouclier. Le coup qu’assena la créature s’abattit sur le vase, provoquant un son à en perdre l’ouïe. C’était le bruit de l’eau qui coulait, soudain recouvert par le fracas terrible du vase qui se brisa en projetant des déferlantes d’eau glacée dans toutes les directions. Le liquide recouvrit la créature de glace et mon pauvre maître. Ils étaient figés sur place. Les impressions qui me traversèrent l’esprit s’avérèrent plus tard, mais je ne le savais pas encore. Terrifié, je les observai dans leur tombe de glace pure. Je vis le visage de Blíþweard se couvrir de glace. J’aurais pu jurer qu’il criait. Quelques larmes gelèrent et tombèrent par terre tels des cristaux bleus, magnifiques. Il savait qu’il avait échoué. Son peuple mourrait de faim. Par sa faute. Le gel et la glace recouvraient toute la clairière maintenant… les arbres, les pierres, le sol… tout.

*
C’est alors que je réalisai que même l’air qui m’entourait commençait à geler. Au début, je pensai à une froide nuit d’hiver, puis cela a empiré. Il faisait si froid qu’on aurait dit une sorte de chaleur glaciale… C’était comme si tout autour de moi s’était mit à brûler. Ma gorge se serra. J’eus du mal à respirer. Je ne sentais plus mes jambes ni mes bras. Je voyais trouble… Il fallait que je m’enfuie de la clairière glacée et que je raconte l’histoire de Blíþweard. C’était le moins que je puisse faire pour cet homme ô combien noble. Je rassemblai mes forces et m’enfuis du feu glacial, traversai la grotte. Il s’en fallut de peu que j’y laisse la vie.

*
Mon voyage de retour au domaine de Stánbrycg fut fort triste. J’avais le coeur lourd. L’esprit embué par la tristesse. C’était un homme bon. Le plus grand homme que j’aie jamais connu. Ce n’était pas une mort digne pour un paladin de cette envergure. Lorsque j’atteignis la lisière des bois de Stánbrycg Weald, les paysans m’attendaient. Alors que je m’apprêtais à leur faire part des tristes nouvelles, ils m’acclamèrent en laissant exploser leur joie. Ils me racontèrent qu’une semaine auparavant, une étrange pluie bleutée et lumineuse s’était abattue sur leurs champs. Immédiatement, les céréales se mirent à pousser comme s’il n’y avait jamais eu de sécheresse.

*

« Une semaine auparavant »… une semaine auparavant, mon maître gelait sur pied dans cette terrible clairière… Je revis ses larmes qui tombaient telles des gouttes de pluie bleutées avant de se figer sur place… Je levai les yeux au ciel. La lumière ambrée du plein midi me réconforta. Je remerciai Hælocwén et regagnai mes pénates.

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Lothenon *Pethdan*,

Se Wordsmið thæm Losod Talum

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Explications de l’anglo-saxon (faites le rapprochement entre Anglais et Allemand, c’est étonnant !) :

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Saxon

Anglais moderne

Allemand

Français

regen

rain

Regen

pluie

stán

stone

Stein

pierre

brycg

bridge

Brücke

pont

Stánbrycg

Stonebridge

Steinbrücke

Pont-de-Pierre

losod

lost

verloren

perdu

tæl

tale

Märchen

conte

ealdor

ancient

antike

ancient

dag

day

Tag

jour

cíepan

keep

halten

garder

mann

man

Mann

homme

Cíepemann

keeper-mann, storekeeper

Lagerverwalter

prêteur sur gage

blíþe

glad, merry, joyful

froh

heureux

weard

prtector, guardian

Schützer, Wacher

protecteur, gardien

Blíþweard

merry protector

froh Schützer

heureux gardien

fréa

free

frei

libre

dryhten

lord

Herr

seigneur

Fréadryhten

free-lord

frei Mann

seigneur affranchi

wíd

wide

weit

étendu

faran

go

fahren

aller

Wídfarend

wanderer

Wanderer

errant, pèlerin

frod

old, experienced, wise

alte, erfahrene, klug

agé, expérimenté, sage

weald

wood, forest

Wald

forêt, bois

Frodweald

old forest

alte Wald

vieille forêt

feld

field

Feld

champ

beorg

mountain

Berg, Gebirge

montagne

land

land

Land

terre, pays

penning

penny

Pfennig

-

scilling

shilling

-

-

hælo

luck

Glück

chance

cwén

queen, woman

Königin, Frau

reine, femme

Hælocwén

Mother of Luck

Mutter des Glücks

Mère de la Chance

fyrgen-

of mountain

von den Bergen

montagnard

stréam

stream

Strom, Strömung

ruisseau, flot

fyrgenstréam

mountain stream

Gebirgsbach

torrent

word

word

Wort

mot

smið

smith

Schmied

forgeron

Wordsmið

Wordsmith

Wortschmied

Artisan de Mots

 

 

Saxon – Se Wordsmið

Voici un ptit texte de présentation… en saxon ! =)
… une langue qui résonne en mon coeur comme seul le Sindarin l’avait fait jusqu’à présent !
[cliquez pour agrandir ;) ]
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Gaélique – Chansons d’Enya

N’ayant pas encore tout à fait le temps de faire un petit cours de gaélique, j’aimerais quand même donner un petit aperçu, et ce par le biais de deux très belles chansons d’Enya [fantastique voix par ailleurs ;D ]

1- Na Laetha Gael M’Óige

Voici :

 

Paroles en irlandais gaélique

 

Na Laetha Gael M’óige

 

(In ómós do mo mháthair agus do m’athair)

Ag amharc trí m’óige,
Is mé ‘bhí sámh,
Gan eolas marbh
Bhí mé óg gan am,

Anois, táim buartha,
’s fad ar shiúil an lá.
Ochón ’s ochón ó.

Na laetha geal m’óige
Bhí siad lán de dhóchas
An bealach mór a bhí romham anonn
Bhí sé i ndán domh go mbéinn, slán, slán.

Anois, táim buartha,
’s fad ar shiúil an lá.
Ochón ’s ochón ó.

Na laetha geal m’óige
Bhí siad lán de dhóchas
An bealach mór a bhí romham anonn
Bhí sé i ndán domh go mbéinn, slán, slán.

Anois, táim buartha,
’s fad’ ar shiúil an lá.
Ochón ’s ochón ó.

Traduction :

The Bright Days of My Youth

(In honor of my father and mother)

Looking back over my youth,
I was content,
Without knowledge of death
I was young, without time,

Now I’m sorrowful,
The day is long past.
Alas and woe, oh.

The bright days of my youth
They were full of hope
The great journey that was before me then
Was what was destined to be, bye bye.

Now I’m sorrowful,
The day is long past.
Alas and woe, oh.

The bright days of my youth
They were full of hope
The great journey that was before me then
Was what was destined to be, bye bye.

Now I am sorrowful,
The day is long past.
Alas and woe, oh.

2- Storms in Africa

[pas de vidéo, la version gaélique est très dure à trouver... :( ]

Paroles :

Cá fhad é ó
Cá fhad é ó

Siúil tríd na stoirmeacha.
Dul tríd na stoirmeacha.

Cá fhad é ó
an tús don stoirm.
Cá fhad é ó
an tús go deireadh.

Tóg do chroí.
Siúil tríd na stoirmeacha.
Tóg do chroísa.
Dul tríd na stoirmeacha.

Turas mór.
Tor tríd na stoirmeacha.

Turas fada.
Amharc tríd na stoirmeacha.

Traduction :

How far is it from
How far is it from
Walking through the storms.
Going through the storms.
How far is it from
the beginning to the storm
How far is it from
the start to the end.
Lift your heart.
Walking through the storms.
Lift your heart!
Going through the storms.
Great journey.
Heavy through the storms.
Long journey.
Look through the storms.

Musique – Värttinä – Tuulen Tunto

Le meilleur groupe de musique finlandais, à mon goût ! XD

Non mais sérieusement, j’adore cette chanson qui met bien en valeur leur musique, et leurs voix… c’est tellement magique à côté du français !!

 

… et non, ils ne disent pas n’importe quoi ! ;P la preuve ^^ :

Kun tulloo tuulinen ilma
huudan tuulta turvakseni
huudan tuulta turvakseni
viileää viimaa vierelleni
Niin tulloo tuulinen ilma
huudan tuulta turvakseni
mielen mustan muuttajaksi
synkän syämen sytyttäjäksi
Kanna kaihoista syäntä
syksyisen yön sylihin
Nyt on miula mielessäni
mennä tuulta tuntemahan
jok on tullu taivahasta
päältä pilvien puonnu
Kanna kaihoista syäntä
syksyisen yön sylihin
Pois on menny miun osani
katehissa kohtaloni
Tuntemassa tuulen teitä
tuulen tuiman tiettävissä

Kanna kaihoista syäntä
syksyisen yön sylihin
ylähällä taivosessa
tähtitarhojen tasalle

… non, ne me demandez pas de traduire ^^… je ne me suis pas encore mis au finnois ! ;P

… on dirait presque de l’elfique, tellement c’est beau… les sons doubles et des accents, c’est magnifique…